Impitoyable (Clint Eastwood)

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Il manquait sans doute le quadri oscarisé « Impitoyable » dans la liste des classiques de Clint Eastwood chroniqués en ces colonnes.
L’ironie est que j’ai vu une première fois ce film un hiver de 1992 dans une salle de cinéma d’une station de sport d’hiver et l’ai revu plus de vingt ans après dans un avion m’amenant en Amérique du sud.
Mais laissons de coté cette singularité de l’existence pour nous consacrer à l’essentiel : le contenu du film.
« Impitoyable » prend place en 1880 dans le Far west brutal des cow boys américains avec une première tragédie dans une maison close ou une jeune prostituée appelée Delilah (Anna Thomson) est agressée et défigurée par deux cow boys.
Arrivé sur place, Bill Daggett (Gene Marshall) le marshall de la ville, fait preuve de clémence avec les cow boys qui sont pour lui d’honnêtes travailleurs ayant cette fois passé les bornes.
Il les condamne à verser quelques chevaux d’indemnités au gérant Skinny (Anthony James) et à la prostituée agressée ce qui provoque l’ire de la mère maquerelle, Alice (Frances Fisher).
Devant l’inertie des pouvoirs publics et du gérant, elle décide de collecter 1000 dollars auprès des autres filles pour embaucher des tueurs à gage afin d’éliminer les deux cow boys fautifs.
Cette annonce est vite relayée par les clients de passage et rapidement un jeune homme appelé le Kid de Schofield (Jaimz Woolvet), se met en quête d’un ex tueur devenu légendaire Will Munny (Clint Eastwood) avant que le mariage ne le pousse à remiser ses pistolets.
Il trouve un Munny reconverti en éleveur de porcs solitaire, élevant du mieux qu’il peut ses deux enfants en l’absence de leur mère, précocement décédée.
Après quelques hésitations, Munny accepte l’offre du Kid, et lui impose son partenaire Ned Logan (Morgan Freeman) lui aussi vieillissant Munny.
Alors que le trio se met en marche pour atteindre sa destination, un autre tueur, cette fois anglais, nommé English Bob (Richard Harris), les précède par le train.
L’homme est précédé d’une réputation de tueur professionnel particulièrement redoutable, réputation grandement enjolivée par son biographe qui le suit comme son ombre, Mr Beauchamps (Saul Rubinek).
Mais en ville, English Bob est pris à la gorge par Bill et ses hommes et ne peut absolument rien faire.
Il est alors sauvagement battu et emprisonné par Bill, qui va jusqu’à ternir volontairement son image auprès de son biographe qui assez peu regardant décide de le laisser tomber pour Bill.
Brisé et vaincu, Bob est finalement relâché afin de faire un exemple pour les autres chasseurs de prime et les putains récalcitrantes.
Pendant ce temps la, Will et Ned découvrent que le Kid est myope et incapable de tirer sur un homme à plus de vingt mètres.
Ceci n’enlève rien à la motivation du jeune homme qui par sa hargne parvient à conserver sa place dans le trio.
Au coin du feu, les confidences vont bon train, Will s’employant à casser sa légende de tueur en racontant les souvenirs de ses victimes, son mauvais penchant pour l’alcool et la stupidité de la plus grande partie de ses actes.
Le premier contact en ville est rude et Will malade et fatigué pris lui aussi par surprise par Bill, est brutalement tabassé avant d’être recueilli par Delilah la prostituée au grand cœur qui le soigne.
Un fois ses amis retrouvés, le trio tombe finalement sur Davey, l’un des deux cow boy recherché.
Le jeune homme, blessé par un tir, met du temps avant d’être achevé par Will.
A cette occasion, Ned découvre qu’il n’est plus capable de tuer des gens pour de l’argent et décide de décrocher.
Par fidélité, Will conserve la part de son ami et continue sa mission avec le Kid.
Après quelques ruses, ils parviennent à approcher le second homme pourtant bien protégé par une garde rapprochée et le tue alors qu’il effectue ses besoins naturels.
Mais le Kid qui a appuyé sur la gâchette, révèle à Will qu’il vient de tuer son premier homme et qu’il est lui aussi incapable de continuer.
Avant de décrocher lui aussi, il récupère l’argent que lui doivent les prostituées.
Au cours de la remise du butin, Will apprend que Bill a capturé Ned et l’a durement torturé pour obtenir des informations sur lui avant de le tuer.
L’homme retrouve alors son vieil instinct de tueur et entreprend de se venger de cette mort.
Le face à face avec Bill est alors inévitable et a lieu dans un bar.
Will parvient à prendre l’avantage et par des qualités de tireur impressionnantes à tuer Bill et plusieurs de ses hommes, ce qui solde définitivement sa carrière de tueur.
En conclusion, couronné de quatre oscars, « Impitoyable » est un film pour moi surestimé dans lequel Eastwood semble s’ingénier à casser son propre mythe de pistolero impitoyable crée dans les années 60 par ses amis Don Siegel et Sergio Léone.
L’acteur prend ainsi grand plaisir à boucler la boucle en interprétant un tueur vieillissant qui parvient tout de même in extremis compte tenu des circonstances à redevenir l’espace d’un instant, l’homme implacable qu’il a été.
Le procédé est similaire à celui de « Gran Torino » dans lequel Eastwood refermera la page « Inspecteur Harry ».
Bien entouré notamment par Gene Hackman ennemi de premier plan en sheriff brutal et dangereux, Eastwood signe un western sombre et efficace, même si la réflexion autour des états d’âme d’un tueur du Far-West ne m’émeuvent guère.
Fort de ces appréciations, on peut considérer « Impitoyable » comme un bon western atypique, sans être pour moi un film de génie.
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