Becoming Holyfield, a figther's journey (Lee Gruenfeld)
Publié en 2008, « Becoming Holyfield, a figther's journey » est une autobiographie de l'ex champion du monde de boxe Evander Holyfield co-écrite avec Lee Gruenfeld.
Holyfield, l'un des boxers les plus emblématiques des années 90 évoque surtout l'affaire de l'oreille arrachée lors de son match face au médiatique Mike Tyson, mais c'est surtout l'homme derrière le champion que j'ai voulu connaître.
Petit dernier d'une famille noire et pauvre de l'Alabama, dans le Sud des Etats-Unis, Evander Holyfield grandit dans les années 60 sans père mais auprès d'une mère aimante qui lui inculque les valeurs de la discipline et la volonté de s'élever.
Lorsqu'il bénéficie d'un programme d'aide sociale par le sport, il constate rapidement ses capacités athlétiques. Un instant tenté par le football américain, il change d'avis, jugé trop chétif pour se tourner vers la boxe.
Son premier entraineur, blanc, décèle un potentiel de champion et lui sert de père de substitution.
Evander devient une terreur en amateur, accumulant les KO lorsqu'il comprend qu'en cas de décision partagée, les juges du Sud des Etats-Unis favoriseront toujours un Blanc.
Il trouve un emploi dans un compagnie aérienne, a rapidement un enfant avec Paulette Bowen, sa première épouse, qui se sépare très vite de lui, et se tourne rapidement vers sa réelle passion : la boxe.
Ken Sanders propriétaire d'un magasin de vente de voiture d'Atlanta croit en lui et le sponsorise.
Bourreau de travail, il gagne les prestigieux « Golden gloves » aux Etats-Etats Unis et est sélectionné en lourd-léger pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 1984.
Il fait un beau parcours mais perd sur une disqualification très controversée en demi-finale contre le Néo-Zélandais Kevin Barry, lors d'un combat qu'il dominait largement.
Revenu avec une médaille de bronze, Holyfield passe ensuite pro et accumule les victoires.
Avec Mike , son préparateur physique, il développe son endurance et sa capacité à tenir 15 rounds ce qui lui permet de venir à bout de Qawi, dans un combat d'anthologie à Atlanta qui le conduit à se faire hospitaliser pour déshydrations.
Devenu champion du monde WBA, Holyfield unifie le titre IBF et WBC et passe en lourd en travaillant d'arrache pied son physique.
Souvent plus petit malgré son 1,88m et surtout plus léger de 20 bons kilos face à des géants, Holyfield déjoue les pronostics par son déplacement, son jab, ses enchainements et son intelligence de combat.
Alors que le choc contre Tyson la terreur des rings paraît incontournable et que les négociations vont bon train avec le volcanique Don King, le match capote lorsque Douglas crée la sensation à Tokyo sur un « lucky punch » qui met KO Tyson, puis lorsque la star est ensuite incarcéré pour viol.
Entre temps Holyfied livre des combats épiques face à Foreman,La suite consistera dans des duels épiques puis contre le coriace Riddick Bowe dont il viendra à bout après avoir subi sa première défaite en 1992 avant de perdre la belle en 1995.
Lorsqu'il affronte Tyson à sa sortie de prison, tout le monde prédit sa mort mais Holyfied le guerrier affronte l'ogre et le met KO en 1996.
Humilié, Tyson exige une revanche et comprend après malgré une préparation d'enfer qu'il ne gagnera pas, ce qui le pousse à mordre son oreille jusqu'à en arracher un bout en 1997.
Une grave blessure à l'épaule gauche contre Michael Moorer conduit Holyfield à une défaite serrée mais surtout à une hospitalisation dans un état proche de l'arrêt cardiaque.
Sa licence lui est retirée « pour son bien » mais Hinch un pasteur évangélique le guérit et lui permet de reprendre le chemin des rings, non sans difficulté.
Correctement soigné après avoir subi des opérations des épaules, Holyfield perd encore une fois contre Bowe en expliquant avoir souffert d'une hépatite.
L'Anglais Lennox Lewis, plus jeune et talentueux le battra également après un premier match nul serré et controversé.
En 2003, après une défaite à 42 ans contre James Toney, Holyfield est à nouveau empêché de boxer « pour son propre bien » avant de réaliser un énième come-back en s'inspirant de Foreman avant lui.
En conclusion, « Becoming Holyfield, a figther's journey » est une biographie passionnante d'un homme hors du commun.
Hors du commun et « rôle model » inspirant, Holyfield l'est assurément.
Ses réflexions sur les valeurs que sont le travail, le refus de se chercher des excuses en cas de défaite et de revenir encore plus fort, son incroyable résilience physique et mentale puisée dans une foi chrétienne ardente sont également surhumaine.
Poli, bien éduqué, travaillant avec des Blancs, Holyfield est aux antipodes du personnage de brute sauvage « black » de Tyson.
Régulièrement sous-estimé (trop petit, trop « gentil », trop « malade » puis trop « vieux...) Holyfield a également révolutionné la préparation physique en réussissant à combiner son punch naturel avec une endurance quasi illimitée sur un ring, ses rares défaites ayant souvent été causée par des blessures ou des maladies qu'il n'a pas voulu admettre publiquement.
Au niveau de la vie privée, son approche est également intéressante : un refus de rentrer dans le communautarisme, une analyse assez lucide des paradoxe de « bon chrétien » père de 11 enfants de 3 femmes différentes (et donc 2 divorces), et la gestion de l'argent, problématique quand on brasse soudainement des dizaines de millions d'euros sans avoir le niveau d'éducation pour l'administrer efficacement.
Peu d'athlètes comme Holyfied donc et un immense respect pour cet homme dont nous devrions tous nous inspirer pour nous lever le matin !
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