Honkytonk man (Clint Eastwood)

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Poursuite de la longue carrière de Clint Eastwood, avec « Honkytonk man » réalisé par lui-même en 1982.
Ayant détesté « Bird » et peu gouté « Bronco Billy », je dois avouer être allé à reculons sur ce film contant les aventures d’un chanteur de country music minable.
« Honkytonk man » se déroule dans le Sud des Etats-Unis dans les années 20, ou Red Stovall (Clint Eastwood) un chanteur de country passé à coté de sa carrière, vieillissant, malade et alcoolique, se fait accompagné par son jeune neveu Whit (Kyle Eastwood) son grand père (John Mc Intire) pour traverser tout le Sud afin d’aller à une ultime audition à Nashville, mère patrie de la country.
Devant son incapacité à conduire une voiture, la famille de Whit accepte finalement de le laisser partir et le trio s’embarque alors dans un long périple à travers le Tennessee.
Whit découvre alors la vie de bohème avec son oncle, qui fréquente les bars et petits clubs blacks, découvre l’alcool, la drogue, et se fait coffrer par la police après avoir lamentablement échoué dans le vol de poules.
Il rencontre aussi le grand chanteur de country Henry Axle (Joe Regalbuto) qui se montre aimable et respectueux à l’égard de Red.
Le trio s’arrête dans une petite ville à la recherche d’un homme appelé Armsrpinger (Barry Corbin) pour récupérer les cent dollars que lui avait prêté jadis Red.
Après un détour dans un bordel ou Whit perd sa virginité avec une séduisante prostituée d’âge mur, Red et Whit se rendent chez Armsrpinger, en réalité un escroc de première catégorie, qui propose tout d’abord en guise de monnaie d’échange de donner sa domestique Marlene (Alexa Kenin), une jeune femme au psychisme fragile qu’il exploite allégrement.
Devant le refus et les menaces de Red, Armsrpinger change de tactique et lui propose de réaliser un faux braquage chez une commerçante avec qui il s’est arrangé pour qu’elle touche deux cents euros d’assurance.
Red accepte en grommelant mais le braquage tourne au fiasco.
Ayant manqué de se faire tuer, Red revient furieux, interrompt l’escroc en pleine partie de poker et dépouille les autres joueurs pour se faire payer son du.
Mais il ignore au moment de partir que Marlene est parvenu à séduire assez Whit pour se faire embarquer dans le coffre avec comme intention folle de devenir chanteuse à Nashville.
Le trajet n’est pas de toute repos puisqu’un policer fait des siennes au petit groupe mais le bagout de Red ainsi qu’un joli billet de 10 dollars parviennent à l’amadouer, même si Marlene découverte après une fouille, fait maintenant plus officiellement partie du voyage et révélant à l’occasion son absence absolue de dons pour la chanson.
Un pépin mécanique (joint de culasse) vient pourtant stopper la marche en avant du quatuor et l’oblige à faire halte dans un trou paumé.
Désespéré, Red commet l’erreur de coucher avec Marlene qui se voit immédiatement enceinte !
L’homme laisse partir le grand père, déjà fatigué par le voyage, puis prend le bus suivant, tout en faisant promettre à Whit de se débarrasser de Marlene une fois la voiture réparée.
L’oncle et le neveu se retrouvent ensuite à Nashville pour l’audition mais Red, victime de malaise, s’écroule en plein milieu de sa prestation.
Whit apprend alors que son oncle est tuberculeux et qu’il refuse de se soigner.
La chance vient pourtant lui sourire, puisque le représentant d’une maison de disque ayant remarqué le talent de Red, lui propose de signer pour l’enregistrement d’un disque.
L’homme diminué et sentant son temps compté, accepte le deal et enregistre dans la douleur entre deux crises de tuberculose noyées à grand coups d’alcool.
Crucifié de douleur, Red termine son enregistrement et meurt en tenant la main de son neveu.
En conclusion, « Honkytonk man » est un film dépouillé, épuré, simple et surprenant, surclassant largement le théâtral « Bird » et le poussif « Bronco Billy ».
Tournant avec son fils, Eastwood est excellent dans ce personnage de looser attachant, poursuivant son rêve face à un destin et une maladie ne lui laissant aucun répit.
L’humour est largement présent ici, avec bon nombres de situations ou personnages cocasses rencontrés durant ce qu’on pourrait appeler un voyage initiatique sur les traces de l’histoire de la country music.
De musique country, il est également question, mais à ma grande surprise, celle-ci passe très bien dans le cadre du film, avec des chanteurs masculins dotés de voix de cow boys fantastiques et un Eastwood loin d’être ridicule dans l’exercice musical.
Contre toute attente, « Honkytonk man » se regarde donc très bien et demeure un des films intimistes les plus réussis du réalisateur.
A recommander.
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