Vendeurs de larmes (Daniel Balavoine)

 vendeurs_larmes.jpg

1 Suite logique de « Un autre monde », « Vendeurs de larmes » de Daniel Balavoine voit le jour en 1982.


Le chanteur se renforce ici de deux claviers Phillipe Patron et Hervé Limeretz, du guitariste Yves Chouard et de Joe Hammer à la batterie même si il reste bien entendu le leader créatif incontesté.

Avec sa pochette étrange évoquant le martyr de Saint Sébastian si cher à Yukio Mishima, « Vendeurs de larmes » débute doucement par « Pour faire disque » courte introduction dont l’unique usage est de servir de rampe de lancement au premier tube du disque, l’exceptionnel « Vivre ou survivre » porté par des refrains d’une puissance émotionnelle insurpassable.

Le son new wave importé de Grande Bretagne marque déjà l’esprit mais plus encore la voix hors du commun pleine de sensibilité et de force du chanteur, transperce le cerveau de l’auditeur de part en part.

On redescend brutalement sur terre avec « Je veux de l’or » à l’intensité nettement plus faible et envahi par un groove synthétique assez médiocre mais également « Dieu que l’amour est triste » ou « C’est fini » plats et geignards à souhait.

Dans un registre analogue mais sans doute plus inspiré, Balavoine fait preuve d’une grande sensualité et qualité mélodique sur « Soulève moi » qui vient se coupler à un ton ouvertement libertaire.

Balavoine retombe ensuite dans la ballade larmoyante et pénible avec « L’amour gardé secret » et « Le fillette de l’étang » ne fait pas tellement mieux avec ses gros sabots synthétiques.

On se surprend alors à attendre activement la fin du disque, qui se déploie avec « Y a pas de bon numéros » couplant  textes nais, guitare soft et synthétiseurs ringards puis le final « Vendeur de larmes » plutôt au dessus de la moyenne du disque que ce soit sur le plan de la musique (rock contenu) et des paroles confirmant le coté grande gueule du chanteur.

En conclusion, « Vendeurs de larmes » est un déception et reste pour moi largement en dessous de son prédécesseur qui était lui un quasi sans faute.

A l’exception notable du fantastique « Vivre ou survivre » , tous les morceaux du disque se révèlent en dessous de « Un autre monde » avec un Daniel Balavoine en perte de vitesse au niveau de l’inspiration musicales et textes.

Si on ajoute un son pop année 80 aujourd’hui devenu parfaitement ringard, on comprendra que « Vendeurs de larmes » n’est au final qu’un médiocre album de variétés de plus qui ne laissera pas un souvenir inoubliable au sein de l’histoire de la musique.

Commentaires