Sauver l'amour (Daniel Balavoine)

 

amour.jpg

5

Abordons maintenant les plus gros succès de Daniel Balavoine parmi lesquels le tonitruant « Sauver l’amour ».


Sorti en 1985, soit quelques mois avant la mort du chanteur dans son fameux accident d’hélicoptère lors du Paris-Dakar.

« Sauver l’amour » et sa pochette pop bien léchée représentent toute une époque, ou le chanteur, très engagé médiatiquement, payait de sa personne dans des associations humanitaires pour aider l’Afrique ou alors auprès des Restos du cœur, lancé la même année par son ami Coluche.

Entouré du guitariste John Woollof, du claviériste Matt Clifford et du batteur Joseph Hammer, Balavoine entame donc ce qui sera son dernier album avec « Aimer est plus fort que d’être aimé » au son new wave froid contrebalancé par le sens inné de la mélodie et la voix toujours émouvante du chanteur.

Rien de comparable pourtant avec « Tous les cris les S.O.S », incroyable ballade mélancolique ou Balavoine transperce l’âme, donne le frisson et  embue les yeux de l’auditeur chaviré par autant de sensibilité.

Texte superbe, voix cristalline, on se dit que Balavoine a ici crée son chef d’œuvre mais pourtant celui-ci arrive juste après « L’Aziza » tube invraisemblable doublé d’un hymne antiraciste pour sa femme marocaine, qui laisse une empreinte indélébile dans le patrimoine français.

Après « Le blues est blanc » curieux hommage variétoche-synthétique-lourdingue au blues, surgit la troisième pierre angulaire de l’édifice « Sauver l’amour » nouveau tube, porté par des refrains irrésistibles ou la voix haut perchée et aigue du chanteur, fait des miracles.

La magie est maintenue avec « Petite Angèle » morceau agréable, habile et gentiment provocateur, puis « Petit homme mort au combat » recelant également une importante force émotionnelle en prenant fait et cause pour les enfants soldats.

On arrive donc lentement mais surement à la fin du disque, avec « Ne parle pas de malheur » qui déroule de manière fluide puis « Un enfant assis attend la pluie » longue ballade tristounette portée uniquement par la voix du chanteur.

En conclusion, même avec le temps qui passe inexorablement et efface tout « Sauver l’amour » reste un album gigantesque, dont le colossal succès commercial alla de pair avec son aboutissement artistique.

On est bien sur très loin du rock, mais plutôt dans une pop-new wave à la française, illuminée par les textes de qualité et la voix exceptionnelle de Balavoine, chanteur définitivement hors norme au sein du paysage audio français.

Remarquablement homogène et maitrisé, « Sauver l’amour » vaut aussi bien pour son parfum de nostalgie à l’écoute de la voix magique du chanteur humaniste disparu, que par la qualité intrinsèque de sa musique et de ces tubes, d’un niveau pour moi assez inégalé dans l’Hexagone.

Commentaires