Un autre monde (Daniel Balavoine)

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Le choix de Daniel Balavoine dans ces chroniques va sans doute en étonner plus d’un mais ce chanteur mort prématurément dans les années 80 a bercé mon enfance, aussi est-ce toujours avec un sentiment marqué de respect que vais-je traiter de « Un autre monde » disque paru en 1980.

A cette époque, la carrière solo de Balavoine a déjà décollé depuis deux ans et « Le chanteur », aussi « Un autre monde » et sa pochette particulièrement pourrie viennent ils en terrain sinon conquis du moins favorable.

Le disque débute par un classique du répertoire du chanteur, « Mon fils ma bataille » qui insuffle par la grâce de sa voix cristalline et d’une mélodie étincelante une forte dose d’émotion à une histoire déchirante (mais finalement banale !) de séparation avec un enfant au milieu.

Les caractéristiques principales de Balavoine sont ici présentes : voix haut perchée magnifique, mélodie pop-électro attachante et textes particulièrement forts.

Le lecteur déjà sérieusement accroché découvre la suite peut être moins connue mais néanmoins digne d’intérêt, comme « 10 000 mètres » porté toujours par une mélodie soignée et un texte habile proposant une belle métaphore sur la course à pied.

L’ambiance retombe sur « Bateau toujours » plate ballade parasitée par Michel Berger mais remonte en flèche avec « Lipstick polychrome » aux refrains particulièrement accrocheurs mais surtout l’ultra viril « Je ne suis pas un héros » composé à la base par Johnny Halliday qui après l’avoir dédaigné, le reprendra par la suite à son compte.

Balavoine reste sur le mode rock révolté avec « Détournement » teigneux et un tantinet désordonné puis revient sans doute à son style le plus efficace, la belle ballade gonflée d’émotion avec « La vie ne m’apprend rien ».

Rien à dire sur « Allez hop » morceau rapide et nerveux de bonne qualité mais on notera toutefois la remarquable originalité de « Mort d’un robot » plaisante réflexion sur la domination technologique outrageuse conduisant à la révolte des machines puis à la destruction de l’humanité.

Le temps est ensuite venu d’aborder le dernier titre du disque avec « Un autre monde » curieux instrumental samplant en arrière plan un discours de Mao Zedong.

En conclusion, « Un autre monde » est un très bon disque de variété française ou Daniel Balavoine apporte sa touche toute personnelle composée de mélodies de haute qualité mettant en valeur sa superbe voix haut perchée, de textes intelligents et puissants mais aussi de petite innovations technologiques comme l’usage de synthétiseurs dominant par rapport à un son de guitare rock plus classique.

Peu voir pas de déchets et surtout des tubes entrés dans le patrimoine de la chanson française « Mon fils, ma bataille », « Je ne suis pas un héros » « La vie ne m’apprend rien ») mais également de jolies pépites assez peu connues tout à fait agréable à l’écoute.

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