I slept with Joey Ramone (Mickey Leigh, Legs Mc Neil)

 

Rock-biographie toujours avec « I slept with Joey Ramone » écrit par son frère Mickey Leigh avec le journaliste Legs Mc Neil.

Paru en 2007, soit six ans après la disparition du célèbre chanteur des Ramones, cette biographie est ici écrite du point de son frère Mickey quasi inconnu du grand public.

Tout débute par leur enfance à Forest Hills dans les années 60.

Jeff et Mike Hyman sont issus d'une famille de classe moyenne juive peu pratiquante.

Le divorce de leurs parents les amène à déménager à quelques blocs de là et à se mettre au contact d'enfants plus durs, notamment avec Jeff, qui souffre d'un physique de grand échalas myope.

Comme beaucoup de « souffre douleurs », Jeff trouvera son salut dans le rock n' roll et la Beatles mania qui déferle sur les USA à l'époque.

Lui et son frère se mettent dans plusieurs groupes avant de trouver leur propre style minimaliste avec un rejet du rock sophistiqué de l'époque.

Avec le guitariste Johnny Cummings, un personnage inquiétant adorateur d'Hitler et Doug Calvin, ils fondent un groupe nommé The Ramones et se produisent dans des petits clubs de Bowery, un quartier miteux de New-York dans lequel se trouve ce qui deviendra le célèbre CBGB.

Malgré la qualité de leurs disques et leur impact scénique, les Ramones restent un groupe « underground » qui côtoie non sans peine la vague punk anglaise, plus nihiliste.

Rapidement Mike échoue d'un rôle subalterne dans le groupe, homme à tout faire, roadie et choriste non crédité sur les morceaux.

Il vit en parallèle plutot mal le début de célébrité de son frère, victime de TOC qui altèrent ses relations sociales.

Le succès de Joey ne tarde pas à lui monter à la tête, il devient LE personnage central de la famille, forçant l'admiration de ses parents, toujours au détriment de Mike, considéré malgré quelques tentatives de monter des groupes comme les Rattlers avec le célèbre rock-critic Lester Bangs.

Au niveau de la vie privée, les Ramones vivent des relations houleuses en s'échangeant leurs petites amies de l'époque.

Joey comme tout le monde à l'époque tombe dans la cocaïne qu'on lui offre, ce qui n'arrange pas son état psychique. 

Même la collaboration avec le producteur Phil Spector ne permet pas au groupe de décoller commercialement et il faudra attendre, assez ironiquement une publicité pour la bière Budeweiser pour permettre aux rockers une grande popularité.

Les rentrées d'argent accroissent les tensions entre les deux frères surtout que Mike menace Joey d'un procès pour toucher des « royalties ».

La dégradation de la santé de Joey, atteint d'un cancer viendra écourter la carrière du groupe.

Malade et affaibli, Joey se casse la hanche en glissant sur une plaque de verglas ce qui précipité sa fin.

Sa mort en 2001 entourée de sa famille est particulièrement touchante, tout comme les hommages (une plaque à son nom à New York!) qui lui sont rendus par les fans et les autres groupes.

En conclusion, « I slept with Joey Ramone » est une plongée amer dans l'autre coté du décor du punk rock des années 70/80.

Du point de vue de son frère, Joey Ramone apparaît comme un « looser », un de ses laissés pour compte de la société américaine avide de revanche par la musique. 

De constitution fragile, atteint de troubles de la personnalité aggravés par l'alcool et les drogues, Joey Ramone apparaît comme un personnage complexe et autoritaire qui aura toujours cherché à rabaisser son frère avec divers mesquineries.

Malgré une fin plutot en forme d'hommage touchant, le portrait de Joey Ramone est donc peu flatteur et plutot déprimant.

Quant aux autres membres du groupe, leur portrait n'est guère plus flatteur pour Johnny, un fasciste antipathique ou Dee Dee luttant en permanence pour s'imposer dans cette guerre d'égo.

L'autre grande découverte est le manque criant de reconnaissance de la musique du groupe malgré trois prodigieux premiers albums, le paradoxe étant qu'il aura fallu une publicité pour la bière pour arracher le groupe à un univers underground précaire. 

Incroyable quant on songe au statut de groupe « culte » aujourd'hui des Ramones et de légende de Joey !

Commentaires