2099, n°14 (John Francis Moore, Ron Lim, Peter David, Rick Leonardi, Pat Mills, Tony Skinner, Grant Mihem, Alcatena)

![]()
Nous restons à présent dans le domaine des comics mais en nous projetant encore plus radicalement dans le futur avec « 2099, n°14 ».
Sorti en 1994, « 2099, n°14 » se place dans une vaste tentative initiée en 1992 par Stan Lee et John Byrne pour recycler les bon vieux super héros dans un univers futuriste audacieux.
En première place sur la liste, on retrouve logiquement les X-men scénarisés par John Francis Moore sur des dessins du brillant Ron Lim.
En réalité il est presque impossible de se raccrocher à un personnage familier dans cette nouvelle version, et on assiste avec quelques difficultés de compréhension dans un univers apocalyptique dominé par le puissant groupe industriel Alchemax contre lesquels luttent des super héros animés d’intentions écologiques et progressiste.
Bloodhawk (Lemuel Krugg), sorte d’Angel mutant rougeoyant est ici capturé dans les décombres d’un complexe industriel du Nouveau Mexique par Lunatica une femme mutante à peau blanche dotée d’une force surhumaine.
Lunatica traine sa proie pour son maitre, un grand homme masqué appelé le Contrôleur, qui fait commerce des émotions de ses victimes et se repait du psychisme torturé de Bloodhawk.
Du coté de ces nouveaux X-men multiculturels, un appel au secours d’un homme appelé Boone travaillant chez compagnie Alchemax à New-York pousse un petit groupe composé de Meanstreak (Henri Huang) doté de super vitesse, Skullfire (Timothy Fitzgerald), et Krystalin (Krystalin Porter Ogada) capable de projeter des cristaux, à se rendre sur place pour le secourir.
Mais au cours du voyage le trio est agressé dans un bar à routier par la redoutable Lunatica qui les dominent sans trop de difficulté.
Emmenés chez le fameux Controleur 13, nos X-men sont destinés à devenir eux aussi des victimes mais lorsque Lunatica tente de lire le psychisme de Skullfire, elle déchaine son immense pouvoir de projection d’énergie qui détruit les liens des prisonniers et surtout permet à Lunatica de briser le contrôle qu’exerçait le Controleur 13 pour finalement le tuer.
Après que Boone qui avait découvert ce qui se cachait derrière le complexe futuriste Valhalla de Alchemax ait été assassiné, on bascule ensuite sur le Spider-man du futur de Peter David (scénario) et Rick Leonardi (dessins).
Le contexte est ici quasi identique avec ce Valhalla du futur dans lequel Thor est représenté comme une sorte de messie pour la race humaine.
Spider-man, devenu un héros des populations de l’underground après qu’il ait démantelé un gang de barbares les terrorisant, reçoit le privilège de se rendre dans le fameux complexe aquatique Valhalla et est surpris par l’arrivée flamboyante de Thor accompagné de son fidèle Heimdall.
Vient ensuite le nouveau super héros Ravage, scénarisé par Pat Mills et Tony Skinner, sur des dessins de Grant Mihem.
Sorte de symbiose entre Wolverine et le Fauve, le bestial Ravage lutte contre le Punisher du futur pour arrêter le mouvement d’une base aquatique dérivant vers New-York et risquant de causer une véritable catastrophe écologique au moment de l’impact.
Incapable de percer la gaine de protection de la turbine, Ravage s’éclipse devant l’arrivée des gardes et rejoint son fief de New-York ou il se trouve nez à nez avec le Fatalis du futur.
Malgré une opposition instinctive, Fatalis révèle à Ravage qu’il cherche à abattre le Valhalla et donc que leurs intérêts convergent.
Ravage qui a récupéré la disquette de Boone contenant de précieuses informations sur Valhalla, devient donc le point central de la lutte unissant indirectement Spider-man, les X-men, le Punisher et Fatalis mais aussi l’homme à abattre pourles dirigeants d' Alchemax, qui réalisent une complexe opération scientifique aboutissant au transfert de l’esprit et des pouvoirs de la déesse de la mort Héla dans le corps d’une femme appelée Tiana.
En gage de sa gratitude envers ses bienfaiteurs, la nouvelle Héla reçoit pour ordre de tuer Ravage, tandis que le dieux Balder, devenu une star ultra médiatisée, excite publiquement la haine contre Spider-man, le Punisher et Ravage qu’il nomme la Bête.
On termine avec le Fatalis du futur, pris en main par John Francis Moore sur des dessins d’Alcatena.
Dans ce séduisant épisode, Fatalis lutte contre un puissant démon ancestral, réincarné dans le futur et parfaite créature symbiotique entre magie et technologique appelée Necrotek.
Aidé par Vox un enfant possesseur de l’œil d’Agamotto (bien connu des fans du Docteur Strange) qui lui donne ce pouvoir mystique pour lutter contre le Démon, Fatalis combat avec ardeur et intelligence tout en réalisant que Necrotek est trop puissant.
Il s’infiltre alors dans les arcanes de la bibliothèque du maitre de Vox, et parvient à télécharger de précieuses données concernant Caius de Lacédémone, sorcier grec étant parvenu à réunir les trois yeux d’Agamotto pour triompher de Necrotek.
Même en possession d’un seul œil, Fatalis invoque le sortilège de Caius et réexpédie Necrotek dans les limbes du cyberespace.
En conclusion, « 2009, n°14 » développe un univers assez déroutant pour le profane mais n’est pas sans constituer un intérêt.
Difficile malgré le talent de Lim, d’adhérer à ces nouveaux X-men un peu fades et dont les pouvoirs rappellent fortement ceux des anciens: super vitesse, super force, projection d’énergie …
Doté d’un costume futuriste au design particulièrement réussi par Leonardi, Spider-man reste néanmoins à un niveau d’intérêt particulièrement bas même si l’ambiance paranoïaque autour d’Alchemax et de ce Valhalla qu’on devine artificiel finit par devenir contagieuse.
Scepticisme également autour de Ravage desservi par le médiocre graphisme de Mihem, qui rappelle trop Wolverine (pour le coté mauvais garçon brutal) et le Fauve voir Diablo pour l’aspect.
Le seul à réellement émerger est Fatalis 2099, qui évolue comme un poisson dans l’eau dans un univers excitant mêlant magie ancestrale et technologie informatique poussée.
Cette superbe synthèse est l’œuvre de Moore et est magnifiquement mise en valeur par le style soignée et colorée d’Alcatena.
On comprend au final que toutes les histoires et les personnages vont finir par converger face à l’ennemi commun : cet Asgard factice ou les dieux nordiques manipulent les humains dans l’intérêt de puissantes compagnies sans limite, et si il faut saluer cette louable tentative de réellement rénover de manière poussée les super héros, il faut également reconnaitre que ce « 2099, n°14 » manque tout de même globalement de saveur.
Commentaires
Enregistrer un commentaire