La vengeance du Monolithe vivant (David Micheline, Marc Silvestri)

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Dans les semaines à venir, vous constaterez des séquences de retour en arrière sur les comics des années 80 qui ont bercé mon enfance.


Il s’agit donc de véritables hommages que je rends à ces œuvres qui ont façonné ma personnalité et mon gout pour l’imaginaire.

Voici donc « La vengeance du Monolithe vivant » de David Micheline (scénario) sur des dessins de Marc Silvestri.

Ce comic book, sorti en 1985, est entièrement consacré à Ahmet Abdol, mutant égyptien plus connu des X-men sous le nom du Pharaon, dont le lecteur peut suivre les origines dans la banlieue du Caire.

Très tôt, le jeune Ahmet s’attache la haine de ses camarades, notamment le dénommé Hassan, en raison de ses délires extravaguant le voyant nouveau roi d’Egypte.

Brillant élève, Ahmet étudie dans les meilleurs universités du pays accompagné de son amour d’enfance la belle Filène.

Devenu chercheur en archéologie et fermement convaincu de descendre des Pharaons, il développe des théories audacieuses visant à montrer que les Pharaons étaient des mutants.

Après une conférence mouvementé, Ahmet et Filène sont pris en chasse par une foule hystérique et ont un accident de voiture.

Devant une foule qui refuse de l’aider, Ahmet voit sa voiture exploser et sa femme mourir.

Fou de rage, il libère alors pour la première fois son pouvoir mutant et agresse la foule à l’aide d’une rafale d’énergie.

Le récit bascule ensuite dans le présent ou Ahmet détenu dans une prison égyptienne, parvient à dégager assez d’énergie pour se libérer et partir sur un aéronef volant tandis que ses fidèles tirent sur les policiers pour couvrir sa fuite.

Il embarque avec lui son persécuteur Hassan, devenu entretemps policier.

A la tête d’une véritable armée de fidèles voyant en lui un dieu, le Pharaon envoie sa fille Salomé à New York pour approcher les 4 Fantastiques.

Toujours désireux de sauver une belle jeune femme en détresse, les FF tombent dans le piège et se font happés par une pyramide d’énergie qui les conduit directement dans la base secrète du Pharaon en Egypte.

Seule Miss Hulk remplaçante de la Chose à l’époque reste sur place.

Bloquée dans le Baxter Building, Salomé ne peut être évacuée et le Pharaon harcelé par un Hassan revanchard, décide après une longue hésitation de sacrifier sa propre fille pour continuer ses rêves de grandeur.

Après les avoir terrassé d’une puissante rafale d’énergie, il utilise en effet l’énergie cosmique du corps des Fantastiques pour doper son métabolisme et se transformer en Monolithe vivant, géant de plus de dix mètres aux pouvoirs quasi innarrétables.

Entre temps  à New York, Miss Hulk contacte Captain américa qui décide d’avoir recours aux compétences scientifiques de Spider-man pour analyser et réparer l’appareil ayant téléporté les FF en Egypte.

Mais l’urgence de l’attaque frontale du Monolithe à New York vient différer ces plans et le trio improvisé Spidey/Captain/Miss Hulk met toutes ses force en jeu pour épauler l’armée face au géant ravageant la ville.

Malgré la bravoure physique de Miss Hulk qui parvient à ralentir le Monolithe, les bombardements de l’armée et un discours apaisant de Captain gâché par la maladresse des militaires, la situation devient vite incontrôlable.

Le monstre semble en effet grandir sans cesse jusqu’à dépasser les gratte ciels new yorkais et sa puissance semble sans limite.

C’est une nouvelle Captain qui trouve la parade en utilisant un câble haute tension alimentant la ville de New York pour assomer le Monolithe par un choc électrique.

Spider-man surgit alors avec les FF et explique qu’il a mis le générateur d’Ahmet en surcharge afin d’accélérer brutalement sa croissance jusqu’à la condition d’arrêt des machines.

Les Vengeurs appelés en renfort (Wonder man, Thor, Iron-man, Œil de Faucon) prêtent alors main forte aux FF et à Spidey pour repousser les hordes du Pharaon venus défendre leur maitre à terre.

Dans la mêlée générale, le Monolithe est ému d’actes de courage désintéressés des humains qui se sacrifient pour protéger des inconnus et révise sa vision nihiliste de l’humanité.

Rassemblant alors toutes ses forces, il aide le marteau de Thor à le propulser hors de l’atmosphère terrestre et laisse sa masse colossale dériver dans l’espace.

Ses fidèles le suivent alors dans le néant, perdant leur vie, mais le Monolithe devenu une planète vivante a le plaisir de se voir fertiliser par le soleil.

Il se transforme donc en planète doté de végétation et peut ainsi conclure son destin de manière apaisé et pacifique.

En conclusion, « La vengeance du Monolithe vivant » est un authentique et bouleversant chef d’œuvre Marvel.

Difficile de ne pas succomber à l’utilisation géniale de l’antiquité égyptienne et  à la construction d’une personnage de mutant subtil, torturé et complexe, maltraité dans sa chair par un drame intime et devenu par la suite le criminel qu’on connait aujourd’hui.

Derrière les motivations et le fond, vient la forme superbe, avec l’attaque spectaculaire de New-York, la chute des deux tours du WTC 16 ans avant l’attaque du 11 Septembre … et le magnifique trio Spidey-Miss Hulk-Captain américa qui déployant chacun au mieux des trésors de génie parviennent finalement à contenir la menace du King Kong égyptien.

Comment ne pas également être ému aux larmes par la fin déchirante ? Le revirement du criminel, le désir de vie, de paix et d’amour reprenant finalement le dessus sur celui de mort, de haine et de destruction.

Non à n’en pas douter, « La vengeance du Monolithe vivant » est un des meilleurs albums Marvel qui soit, avec les dessins sublimes de Silvestri (personnages élancés, athlétiques aux traits fins) et l’encrage divin de Isherwood.

Vous avez dit classique ?

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