Casino royale (Martin Campbell)

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Sorti en 2006, « Casino royale » de Martin Campbell constitue une véritable rupture avec l’univers traditionnel et quelque peu ronronnant de James Bond, jusqu’ici incarné par Pierce Brosnan depuis le milieu des années 90.

Ici le réalisateur choisit de repartir de zéro et de réinventer le mythe de Ian Flemming, en prenant un nouvel acteur blond, trapu et dur, Daniel Craig.

Après un prologue destiné à signifier que le jeune James Bond (Daniel Craig) a officiellement reçu du MI-6 l’habilitation à tuer (le fameux 00 devant 7), l’histoire fait apparaitre un nouveau criminel appelé le Chiffre (Mads Mikkelsen) spécialisé dans le financement de réseaux criminels ou militaires.

Flanque de son bras droit White (Jesper Christensen), le Chiffre conclue en effet une nouvelle transaction en Ouganda ou le chef de guerre Obanno (Isaac de Bankolé) lui confie une importante somme d’argent à placer.

De son coté, Bond est envoyé à Madagascar pour capturer un poseur de bombe appelé Mollaka (Sébastien Foucan).

La poursuite sur les toits de la ville est prodigieuse, d’autant plus que Mollaka doté d’une agilité digne d’un Yamakassi, grimpe sur des grues de chantiers pour échapper à Bond, forcé par les évènements de se muer lui aussi en Spider-man.

Après une dizaine de minutes vertigineuses, Bond capture Mollaka blessé à une jambe mais se retrouve mis en joue par les militaires malgaches.

Il opère un volte face surprenant, tue sa cible et déclenche une explosion pour couvrir sa fuite.

De retour à Londres, Bond essuie placidement les reproches de M (Judi Dench), fait mine de prendre des vacances au Bahamas mais en réalité traque les contacts de Mollaka repérés sur son téléphone portable.

Très à l’aise dans le monde des hôtels de luxe, Bond repère vite le contact de Mollaka , Dimitrios (Simon Abkarian) un homme d’affaires trouble travaillant pour le Chiffre.

Il le bat après une partie de cartes sous haute tension, récupère son Aston Martin misé au jeu et séduit sa compagne,  Solange (Caterina Murino) qui succombe à ses charmes tout en comprenant parfaitement ses objectifs.

Très déterminé, Bond retrouve Dimitrios à Miami et le tue en retournant le couteau qui lui était destiné.

Aidé par le MI-6, il comprend que Dimitrios était chargé d’organiser un attentat à l’aéroport de Miami en ciblant un avion prototype appelé le Skyfleet.

Après une course poursuite haletante, Bond rattrape le terroriste chargé de faire exploser un camion citerne sur l’avion et le fait exploser à la place du camion.

Le MI-6 confirme alors les pertes astronomiques du Chiffre qui avait acheté des actions Skyfleet avec l’argent de ses clients en misant sur leur vente avant l’attentat.

Obligé de se refaire, le Chiffre organise une grosse partie de poker au Monténégro afin de regagner les 100 millions d’euros perdus dans l’affaire.

Bond se rend sur place et bénéficie d’un gros apport financier du MI-6 avant de rentrer dans le jeu de manière crédible.

Incorrigible, il entame également un jeu de séduction avec la  comptable du MI-6 Vesper Lynd (Eva Green), qui lui tient tête avec aplomb.

Au Monténégro les enjeux sont énormes et Bond bien que aidé du contact local René Mathis (Giancarlo Giannini) a fort à faire avec le Chiffre, redoutable joueur au visage impassible qui remporte aisément les premières mises.

Tenace, Bond étudie les faiblesses de son adversaire balafré et notamment un léger tic lorsqu’il s’apprête à bluffer.

La partie ne se déroule pas normalement puisque profitant d’une pause, Obanno furieux de ses pertes, fait irruption dans la chambre du Chiffre et menace de couper le bras de sa compagne pour faire pression sur lui.

Bond intervient, lutte avec une grande expertise en close combat face aux tueurs ougandais, et aidé par Vesper, finit par étrangler Obanno.

Il soigne ses blessures, change de chemise et rejoint comme si de rien n’était la salle de jeu ou trône impassible le Chiffre.

Bond relève lui aussi le défi mais s’aperçoit que le Chiffre lui a inoculé un poison mortel dans son verre.

Paniqué, il sort à nouveau du Casino et se rend dans sa voiture pour utiliser un kit de survie.

Mais atteint par le poison et plus vraiment lucide, Bond ne peut activer un bouton destiné à faire repartir son cœur après administration de l’antidote.

C’est une nouvelle fois Vesper qui lui sauve la vie et Bond doté d’un aplomb incroyable revient une nouvelle fois à la table de jeu ou il reçoit l’aide d’un agent de la CIA qui a décelé en lui les capacités à gagner cette partie.

Après une nouvelle montée de tension quasi insupportable, Bond triomphe en effet du Chiffre et rafle la mise.

Il ne peut jouir longtemps de sa victoire puisque Mathis agent double à la solde du Chiffre, le trahit et livre Vesper au criminel.

Ivre de revanche, le Chiffre capture Bond et le torture mais est à son tour abattu par White, qui ne supporte pas les pertes astronomiques de son associé.

Bond se réveille dans un lieu idyllique près du Lac de Come ou il profite d’une convalescence bien méritée.

Son histoire d’amour avec Vesper prend forme et Bond semble pour l’une des seules fois de sa carrière s’attacher à une femme, qui du reste le lui rend bien.

Bond évoque son désir de prendre sa retraite et d’opérer un retour à la vie normale en profitant des gains amassés au Monténégro.

Après avoir fait arrêté le traitre Mathis, il envoie même un email de démission à M qui temporise.

Le couple se rend en voilier de luxe à Venise pour retirer l’argent et Vesper propose à son amant de passer à la banque pour financer leurs projets de farniente amoureuse.

Mais un coup de fil de M pour lui intimer l’ordre de restituer ses gains rappelle Bond à la réalité qui réalise que Vesper a retiré tout l’argent en abusant de sa confiance.

Vesper doit en effet remettre l’argent à Gettler un des clients du Chiffre mais Bond furieux, se lance à sa poursuite.

Une lutte confuse éclate alors dans un immeuble du centre ville entre Bond et les hommes de Gettler.

007 tue un à un ses adversaires mais ne peut empêcher l’effondrement de l’immeuble dont les fondations ont été sapées pendant la lutte.

Vesper meurt noyée non sans avoir adressée un message de pardon et d’amour à son amant.

Ce n’est qu’après coup que Bond réalise que Vesper l’aimait réellement mais était soumise à un chantage des hommes de Gettler qui détenait son petit ami en otage.

Il surmonte ce traumatisme et décide de rempiler au MI-6, en étant plus déterminé que jamais à assumer son rôle de 007.

En conclusion, « Casino royale » surprend par son audace iconoclaste et redonne un vrai coup de neuf au mythe un peu poussiéreux de James Bond.

Craig se montre impressionnant de male charisme et de virilité, avec une forte crédibilité dans les scènes de combat on son physique de lutteur donne sa pleine mesure.

Certaines scènes sont absolument anthologiques comme la poursuite sur les grues d’un immeuble en construction à Madagascar dans le plus pur style Yamakassi ou encore plus intense la partie de poker d’une folle intensité au Monténégro.

Craig trouve en la personne de Mikkelsen (le meilleur acteur du monde ?) un ennemi à sa mesure, intelligent, dur, froid et parfaitement crédible en grand financier du crime organisé.

On passera donc sur certaines invraisemblances du scénario au prétexte que les James Bond ne sont pas des films réalistes pour gouter son plaisir de voir un héros viril mais non exempt de faiblesse, frôlant la mort par empoisonnement et capable de succomber à ses sentiments le temps d’une rencontre, même si la mort d’Eva Green tombe en réalité à point nommé pour libérer le mythique séducteur d’encombrantes attaches pour la suite de la série.

« Casino royale » ou un excitant divertissement relançant avec un vif plaisir une franchise quelque peu usée…

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