Deathlok, l'intégrale, 1974-1983 (Doug Moench, Rich Buckler, Bill Mantlo, JM de Matteis, Sal Buscema, Marv Wolfman, Ron Wilson, John Byrne, Mike Zeck)
« Deathlok, l'intégrale, 1974-1983 » regroupe l'essentiel d'un anti-héros précurseur de la mouvance cyborgs qui donna lieu un peu plus tard à Robocop et Terminator.
Crée par Doug Moench et Rich Buckler qui réalisait aussi les dessins, Deathlok est Luther Manning, un ancien colonel de l'armée américaine, transformé par la science du commandant Ryker, en un cyborg après avoir été grièvement blessé dans une opération militaire.
Malgré son nouveau corps artificiel et son ordinateur de bord, Deathlok reste en permanence en conflit avec le reste de la conscience humaine de Manning.
Les premiers épisodes voient Deathlok évoluer dans un futur proche (les années 90) dans lequel la civilisation s'est écroulée et New-York devenu une jungle ou des survivants humains sont devenus par la force des choses cannibales.
Après avoir exécuté plusieurs contrats comme assassin, Deathlok se rebelle contre son créateur, qui lâche sur lui son ex collègue Mike transformé en loup-guerrier finalement vaincu non sans lui avoir infligé de sérieux dommages.
Cette victoire est d'autant plus douloureuse qu'il découvre que Mike s'est mis avec son ex femme (noire) Janice avec qui il a eu un enfant.
Empêché par son programme informatique de se suicider, Deathlok affronte un tank de combat télé-commandé par la conscience de Nina, une femme sous influence de Ryker et parvient à vaincre en se confectionnant une arme métallique de fortune capable de percer son blindage.
Puis avec Bill Mantlo en renfort, il cherche en la personne d'Hellinger le scientifique responsable de sa transformation afin d'inverser le processus, sans succès.
Propre frère de Ryker, Hellinger en revanche l'informe des rêves de toute puissance de Ryker devenu un omni-ordinateur avant de révéler sa vrai nature lui-meme devenu une machine se définissant comme supérieure : l'homo-ascendant.
Blessé par l'explosion d'une bombe, Deatlhok est pris en charge par une équipe résistante de la CIA composée de Mike et de Teresa Devereaux.
Ils parviennent à le convaincre d’arrêter Ryker dans un combat dantesque se déroulant dans le cyber espace (avant l'heure) et qui aboutit à la défaite du leader mégalomane.
Devereaux propose ensuite à Deathlok de transférer son esprit dans le corps d'un de ses clones réalisée par un scientifique peu avant sa mort,
Avec son esprit présent dans deux corps, celui d'un humain et celui de Deathlok, Manning doit ensuite combattre un androïde monstrueux envoyé par Hellinger et doit employer le pistolet laser pour en venir à bout.
Puis Deahtlok pris en charge par divers artistes (Sal Buscema, Marv Wolfman, Ron Wilson) s'allie avec Spider-man, l'Exorciste, la Chose pour combattre diverses menaces allant des adorateurs de secte, authentiques démons ou bien le duo Mentallo/Fixer qui souhaitait le pousser à assassiner Carter, le président des Etats-Unis (de l'époque) !
Mais c'est bien avec Mark Gruenwald et John Byrne que surgit l'excitante aventure du Projet Pegasus dans lequel Deathlok reprogrammé tente d'assassiner la Chose et Quasar avant d’être mis en pièces...
Il serait également difficile de faire la fine bouche devant la belle association avec Captain america joliment amenée par JM de Matteis et Mike Zeck pour démanteler un laboratoire de la Brandt corporation et ainsi régler son compte dans le futur à Hellinger devenu un monstre avec l'aide de Godwulf, erzatz pédant de Ka-Zar.
En
conclusion, « Deathlok, l'intégrale, 1974-1983 » est un ouvrage dense et forcément inégal.
Si Rich Buckler semble très content des débuts de son œuvre, le Deathlok des années 70 est un personnage novateur rappelant Spawn ou Robocop par son tiraillement entre les lambeaux de son humanité piégée dans un corps de tueur cyborg.
Ancien militaire fidèle serviteur de l'Etat américain devenu une monstruosité, Deathlok doit également subir l'humiliation d'un rejet de son ex femme ayant eu un enfant avec son ancien meilleur ami et collègue.
Le monde « futuriste » des années 90 inventé par Buckler est apocalyptique, sauvage et violemment régressif et si le dialogue/combat intérieur du personnage contre son ordinateur de bord est intéressant les scénarios sont plutot basiques avec des super méchants comme Ryker ou Hellinger hyper caricaturaux.
Si Buckler ne fait pas dans la finesse, ces successeurs auront pour principal mérite de pimenter les aventures d'un anti-héros à le mettant aux cotés de véritables héros plus « présentables » comme Spider-man ou la Chose.
Très au dessus du lot sont Gruenwald et de Matteis avec les magnifiques dessins de Byrne pour l'intrigue d'espionnage scientifique du Projet Pegasus, ainsi que la rencontre avec la légende Captain america sur fond de Guerre secrètes avec le trait superbe de Mike Zeck.
Pour moi Deathlok un précurseur donc, ou plutot un brouillon de personnage culte selon les avis, qui par instant et surtout par la magie et le talent de grands auteurs de comics aura pu s'élever au dessus de son status d'anti-héros de seconde catégorie !
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