Docteur Strange et Docteur Fatalis (Roger Stern, Mike Magnola)

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Comic books toujours mais dans un tout autre registre avec « Docteur Strange et Docteur Fatalis » de Roger Stern (scénario) et Mike Magnola (dessins), ce dernier étant connu pour être entre autre le créateur du célèbre Hellboy.

Nous sommes ici en 1990 dans la collection Top BD de chez Marvel qui donna lieu à de belles réalisations à l’époque.

Ici le lecteur est immédiatement plongé dans les méditations mystiques de Genghis,  vieux sorcier retranché dans l‘Himalaya, qui s’apprête à convoquer les plus puissants mages de la Terre pour décerner au plus méritant d’entre eux le titre du sorcier suprême.

Avant de lancer sa convocation, Genghis revit une partie de son passé et se souvient de ses rencontres avec le jeune Victor von Doom, qui cherchait à apprendre les arts mystiques et qui n’a pas hésité à le violenter après son refus d’enseigner pour aller se former auprès de maitres plus conciliants qu’il ne tarda pas à dominer en devenant Fatalis.

Entendant l’appel, le Docteur Strange également connu de Genghis pour l’avoir soigné après l’attaque de Fatalis, se rend sur le lieu de la convocation, un temple caché dans une épaisse foret du sud est asiatique.

Outres des sorcier de tous les continents, Fatalis répond à l’appel d’un tournoi patronné par des divinités mystiques fréquemment invoquées : les Vishanti Oshtur, Hoggoth et Agamoto.

Le défi d’apparence simple consiste à délivrer Genghis d’une prison de cristal crée par les Vishanti mais se révèle beaucoup plus difficile que prévu, les sortilèges des sorciers ricochant contre sa paroi et les frappant pour faire d’eux des zombies luttant les uns contre les autres.

Fatalis dont l’armure analyse les techniques des sorciers pour les assimiler est le seul avec Strange à survivre, ce dernier remportant finalement le défi en libérant Genghis.

A lui donc le titre de sorcier suprême mais également honorer une faveur embarrassante, exaucer le vœu de l’autre survivant, le très controversé Fatalis.

Surmontant sa répugnance à honorer un ennemi, Strange accepte d’accompagner Fatalis en Enfer pour délivrer l’âme de sa mère Cynthia, possédée par Méphisto avec qui elle avait bien entendu passé un marché de dupe.

On découvre à cette occasion le passé trouble de Fatalis, fils de bohémiens d’Europe de l’Est persécutés par les seigneurs locaux, et dont la mère qu’il adorait fut une sorcière.

Supériement doué intellectuellement et doté d’un farouche esprit de revanche, le jeune Victor reçut une bourse pour faire des études scientifiques aux Etats Unis avant qu’un accident de laboratoire ne le défigure et initie son parcours criminel.

Aujourd’hui en apparence stabilisé comme monarque de Latvérie, petit état d’Europe de l’Est, Fatalis n’en conserve pas moins son obsession de délivrer sa mère.

Combinant technologie et magie, le disparate duo pénètre donc dans le royaume infernal de Méphisto et affronte immédiatement des hordes de démons.

La lutte contre le Seigneur des Enfers omnipotent en son domaine, est comme on pourrait s’en douter particulièrement épique, et Méphisto alliant force et manipulation, s’arrange pour séparer les deux hommes.

Strange doit lutter contre une manipulation mentale qui vise à lui faire revivre un passé lui aussi douloureux ou après un accident de voiture il perd ses facultés de chirurgien et se voit refuser l’entrée des sorciers himalayens l’ayant formé.

De son coté Fatalis qui refuse que Méphisto lui permette d’être le souverain de la Terre, accepte de trahir son allié pour repartir des Enfers avec sa Mère.

Mais Cynthia refuse de céder sa place à Strange condamné à être le prisonnier de Méphisto et renie son propre fils.

Fatalis révèle alors sa duplicité en offrant à Strange un dispositif électronique lui permettant de se libérer pour se joindre à lui afin d’affronter de front Méphisto.

Incapables de vaincre le dieu du mal, Strange et Fatalis se confinent dans une position défensive délicate et seul une idée géniale de Strange, qui libère l’âme rachetée de Cynthia pour écœurer Méphisto, leur permet de gagner le droit à la liberté.

Plus taciturne que jamais, Fatalis avoue ensuite sur Terre à Strange être satisfait du résultat en ayant libéré l’âme de sa mère … même si il a perdu son amour à tout jamais.

En conclusion, dans un genre diamétralement opposé aux X-men, « Docteur Strange et Docteur Fatalis » réussit lui aussi à charmer le lecteur emporté dans un monde enivrant de sorcellerie et de quête passionnée d’un fils maudit pour sa mère également maudite.

Le scénario de Stern est remarquable, son exécution pas moins avec un affrontement dantesque entre deux figures du monde Marvel et le non moins fascinant Dieu du Mal incarné.

Le personnage torturé et charismatique de Fatalis reste pour moi nettement plus fascinant que celui plus lisse de Strange, avec cette symbiose parfaite entre génie scientifique et mystique qui le rendent si fascinant.

Le style simple et économique de Magnola, que je n’aime pas beaucoup dans Hellboy, parvient à se hisser à un niveau supérieur ici avec des dessins infernaux réellement imposants.

Tout concourt donc à faire de cet album une authentique réussite pour les amateurs de magie noire !

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