London calling (The clash)
Il me paraissait important de retenter l’aventure de The clash, formation majeure du punk-rock britannique des années 70-80.
Aussi vais-je m’attaquer à « London calling » sorti en 1979 alors que le groupe pris par un sentiment d’urgence sortait un album par an à l’époque.
Avec sa célébrissime pochette incarnant à elle seule la quintessence du punk, « London calling » débute par le morceau éponyme, mid tempo rock plutôt sage devenu un hymne en raison de ses paroles révolutionnaires.
Suit une reprise de Vince Taylor « Brand new cadillac » forcément rock n’ roll avant l’étonnant ralentissement « Jimmy jazz » qui s’éloigne encore davantage du punk pour taquiner le registre du jazz.
On reprend un peu de vitesse sur « Hateful » sautillant et inoffensif, bifurque vers un « Rudie can’t fail » très reggae, avant d’échouer sur un « Spanish bombs » bien gentillet.
L’album continue au rythme d’une promenade pédestre, « The right profile » et ses cuivres assommants allant même jusqu‘à l‘engourdissant « Lost in the supermaket ».
Petits frémissements sur « Clampdown » aux refrains massifs qui lance le meilleur titre de l’album « The guns of Brixton » et son rythme lent hypnotique.
Difficile de se caler lorsque au groovy « Wrong ’em boyo » aux cuivres particulièrement pénibles succèdent « Death or glory » et « Koka kola » plus appuyés pour déboucher sur deux ballade assez déroutante, « The card cheat » et « Lover’s rock » insupportablement mièvre.
On attend avec une impatience non dissimulée la fin du disque qui se profile avec « Four horsmen » à des années lumières de l’intensité rageuse du titre de Metallica, le funky « I’m not down » dont on se contrefout comme d’une guigne, « Revolution rock » reggae mollasson et irritant puis « Train in vain » un tantinet plus vif et enlevé.
En conclusion, fort d’une poignée de tubes, le double album « London calling » fit exploser les Clash et les arracha à l’underground punk.
A l’écoute de « London calling » on comprend la logique de cette ascension et constate que ce disque n’a en réalité plus grand-chose à voir avec le punk, mais plus avec un éclectisme pop-rock-reggae faisant figure de fourre tout assez indigeste.
Musiciens moyens voir médiocres comme tout bons punks qui se respectent, les membres de The clash révèlent leurs faiblesses en abandonnant intensité et vitesse d’exécution.
Cette faiblesse est particulièrement visible sur la durée de l’album avec un chanteur aussi faible que Joe Strummer.
On peut donc aimer variété de « London calling », j’en déplore pour ma part la pauvreté, la longueur et le manque d’engagement.
Cet album n’est pour moi ni punk, ni rock, mais autre chose de plus large et foncièrement rebutant.
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