Daredevil, version intégrale, tome un (Ann Nocenti, John Romita Jr)
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A la fin des années 80, Semic ayant repris la boutique Lug pour diffuser les productions Marvel en France, fait preuve de beaucoup d’à propos en relançant « Daredevil, version intégrale, tome un ».
Ce sont Ann Nocenti (scénario) et John Romita Jr (dessins) qui prennent à leur charge en 1989 de donner ce coupe de fouet à l’Homme sans peur.
Nous sommes à la veille de Noel, et le jeune Eightball, fan de skateboard est déjà fasciné par les voyous sans foi ni loi qui sèment la terreur dans le quartier de Hell’s kitchen de New-York.
Bien sur Daredevil et son alter égo l’avocat Matt Murdock veillent et exerce le contrepoids naturel à ces déviances mais la frontière reste particulièrement mince entre bien et mal lorsqu’on est un adolescent jeune, pauvre et révolté.
Tandis que Daredevil rosse les voyous, Murdock multiplie les actes de générosités en offrant des cadeaux aux associations d’aides aux nécessiteux : sans abris, prostitués et drogués.
Son ennemi héréditaire, le puissant Caïd, roi de la pègre de New-York, nourrit une véritable obsession à son égard, et ce ne sont pas les séances de musculation ou de squash intensives auxquels il soumet son corps d’obèse, qui parviennent à effacer sa rage brutale à l’égard du seul à oser se mettre en travers de sa route.
Un jour, une nouvelle criminelle fait son apparition dans les bas fond, Typhoid, tueuse cruelle et sauvage, qui s’en prend aux dealers et commerçant achetés par le Caïd.
L’homme se renseigne, découvre que Typhoid est doté d’une double personnalité, douce et bonne sous les traits de Mary, impitoyable et incontrôlable sous ceux de son alter égo aux allures de punk.
Intelligent, le Caïd comprend tout l’intérêt qu’il peut tirer de cette particularité et décide de faire de Typhoid, l’arme absolue contre Daredevil.
Après une première entrevue violente et intense, au cours de laquelle Typhoid déploie des pouvoirs télékinésistes pour lancer des objets sur lui ou le faire bruler, le Caïd parvient à mater la criminelle et à l’acheter pour un contrat d’un million de dollars afin de tuer Murdock.
C’est donc sous les traits de la douce brune Mary qu’elle prend contact avec un Murdock étonnamment séduit par son charme et par son désir d‘aider Tyrone un jeune noir aveugle qu‘il essaye de rendre plus fort et autonome …
En conclusion, « Daredevil, version intégrale, tome un », constitue un formidable apéritif pour une nouvelle saga qu’on devine déjà exceptionnelle, et atteindre sans problème celle déjà esquissée par Frank Miller quelques années auparavant.
Le scénario est superbe, peignant Daredevil en ange gardien de son quartier, faisant preuve de force et d’autorité envers les dangereux voyous, et œuvrant pour secourir les plus démunis sous les traits de l’avocat Murdock avec en toile de fond, les jeunes représentant l’espoir d’un avenir meilleur (Eightball, Tyrone).
Le Caïd, monumentale armoire de graisse et de muscle, semble ici trouver avec la redoutable guerrière urbaine schizophrène Typhoid, l’arme ultime pour traverser les défenses de son ennemi.
Lorsqu’en plus on constate que les dessins hardcore de Romita collent avec l’ambiance de violence urbaine du comic, on comprend alors qu’on tient les début d’un authentique chef d’œuvre !
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