Trans-Europe-Express (Kraftwerk)

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Nous sommes à présent en 1977 et deux ans après le Kolossal succès de « Radio-activity », les allemands de Kraftwerk sortent « Trans-Europe Express » à la pochette toujours aussi minimaliste représentant les quatre musiciens en costume cravate.

L’album débute par un titre poids lourd, « Europe endless » qui promène sa mélodie synthétique raffinée et son chant aérien en anglais sur plus de neuf minutes trente.

La ballade un peu trop longue et duveteuse, finit par se montrer pénible sur la durée.

Construit sur le même format longue durée, « The hall of mirrors »  séduit davantage par son thème enivrant, son ambiance orientalisante et mélancolique.

Kraftwerk fait preuve de beaucoup d‘efficacité sur « Showroom dummies » en mariant voix désincarnée de Florian Schneider, nappes de synthétiseurs enveloppantes et sèches percussions électroniques du duo (Karl Bartos/Wolfgang Flur) puis prolonge encore plus loin l’expérience de deshumanisation sur « Trans-Europe-Express » qui bâtit sur un rythme de base évoquant la puissante mécanique d’un train en marche, de grandes envolées cybernétiques.

Les Allemands poursuivent leur terrible marche avant avec « Metal on metal » qui utilise les mêmes recettes pour hypnotiser l’auditeur par l’association redoutables des lourdes rythmiques et de thèmes de synthétiseurs répétées en boucle.

Survint enfin un peu de douceur avec « Franz Schubert » calme morceau atmosphérique qui à défaut d’être inoubliable a au moins le mérite de relâcher la pression avant le léger atterrissage en douceur de « Endless endless ».

En conclusion, dans son genre, « Trans-Europe-Express » constitue un chef d’œuvre capable d’emporter très loin l’auditeur dans son monde de froide puissance industrielle.

Kraftwerk gonfle ici sa production pour obtenir des rythmiques électroniques d’une puissance impressionnante sur lesquelles il parvient à distiller de redoutables gimmicks électro contre lesquels il semble difficile de résister.

Avec pareille pluie de tubes électroniques,  on ne pourra que recommander cet album sans doute moins aventureux que « Radio-activity » mais encore plus efficace dans son terrible processus de fusion entre l’homme et la machine.

Kraftwerk ou les prophètes de l’avènement d’un futur fascinant par sa monstrueuse deshumanisation ?

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