Batman, silence (Jeph Loeb, Jim Lee)

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 Décidément attaché au personnage de Batman, Jeph Loeb est également à l’origine de la grande saga « Silence » avec Jim Lee au dessin.

Encore une fois, Loeb propulse le super héros nocturne dans une histoire très complexe ou ses ennemis habituels semblent manipulés par un nouveau et mystérieux adversaire au visage masqué par des bandelettes.

Après avoir déjoué une tentative d’enlèvement d’enfant orchestrée par son ennemi Killer Croc, Batman voit son filin sectionné alors qu’il se lançait à la poursuite de l’opportuniste Catwoman, qui avait dérobé la rançon livrée par les parents.

Victime d’une chute vertigineuse, Batman tombe inconscient et grièvement blessé dans les ruelles de Gotham.

Livré aux bandes de voyous, il s’en tire miraculeusement grâce à l’intervention de Huntress qui permet au système informatique piloté par Oracle (ex Batwoman) d’envoyer la Batmobile pour le secourir.

Tandis que Batman est soigné par son ami d’enfance le brillant neuro chirurgien Thomas Elliot, Catwoman manipulée par les phéromones chimiques de Poison Ivy, lui livre la rançon.

Remis de ses blessures, Batman utilise Killer Croc dont la mutation parait de plus en plus monstrueuse, pour remonter jusqu’à Catwoman qui lui révèle que Poison Ivy est à Metropolis la ville de Superman.

C’est sous la forme de Bruce Wayne que Batman s’y rend.

Il retrouve Poison Ivy à l’aide de Catwoman mais découvre que la vénéneuse femme a également envouté Superman pour lui faire office de garde du corps de luxe.

Batman utilise donc toute sa ruse et sa technologie pour tenir en respect le plus puissant héros de la terre et briser son envoutement.

Une fois Poison Ivy neutralisée, les deux amis se réconcilient.

Mais le répit pour le couple Wayne-Kyle est de courte durée puisque ils sont agressés par Harley Quinn, la petite amie du Joker en plein opéra.

Lors de l’affrontement, Thomas Elliot est tué par le Joker lui-même ce qui provoque des envies de meurtre chez Batman.

Le policier Jim Gordon intervient in extremis et empêche le héros de commettre l’irréparable.

Très tourmenté par la mort de son ami, Batman comprend après enquête que le Joker n’a pas tué Elliott.

Il reçoit l’aide de Dick Grayson et ensemble ils effectuent une mission de quasi routine pour arrêter le Sphinx après un hold up manqué.

Puis Harvey Dent/Double face refait une apparition.

Ayant été opéré, il semble avoir retrouvé son équilibre mental et se ranger à nouveau du coté de la loi.

Batman réoriente son enquête vers Ra’s Al Ghul, qui vit en ermite dans le désert nord africain et semble posséder via des cendres issues des puits de Lazare du pouvoir de régénérer les disparus.

Après l’avoir vaincu dans un duel au sabre, Ra’s lui révèle qu’un des ses ennemis à dérobé des cendres d’un des ses puits.

Puis Tim Drake (Robin) fait à nouveau irruption et finit malgré quelques friction par accepter la relation entre son maitre et Catwoman.

Après Robin, c’est au tour de l’Epouvantail de refaire surface.

Batman le bat mais ne peut obtenir beaucoup d’informations de ce psychopathe.

A l’issue de ce combat, il découvre que son ennemi principal semble être un Jason Todd, le troisième Robin mort jadis au combat.

Batman affronte à contre cœur son ancien protégé mais s’aperçoit qu’il s’agissait en réalité d’un faux, imité par le super criminel Gueule d’argile.

Le mystère reste donc aussi épais qu’une choucroute alsacienne pour notre pauvre Chauve Souris.

Aidé par Oracle, Batman prend alors conscience qu’il a été trahi par son ancien électronicien Harold en échange d’une opération chirurgicale.

Cette fois son adversaire l’homme aux bandelettes se révèle et Batman découvre avec stupeur qu’il s’agit de Elliot ivre de rancœur après que le père de Batman ait secouru ses parents dans l’accident de voiture qu’il avait provoqué.

Batman est sauvé par Harvey Dent qui tire sur Eliott ce qui provoque sa chute dans l’eau glacée.

Le dernier morceau du puzzle est le Sphinx qui a manipulé tous les criminels pour le compte d’Eliott en cherchant à toucher Batman en réactivant le souvenir du disparu Jason Todd.

Batman le rencontre dans sa cellule et le menace de le livrer à Ra’s Al Ghul si il divulgue sa double identité.

Le récit peut alors se conclure avec un semblant d’happy end entre Catwoman et la Chauve Souris la plus coriace de Gotham.

En conclusion, « Batman, silence » est un gros morceau du comic book made in DC.

Loeb confirme son penchant pour les histoires à tiroirs, truffées de personnages sortant souvent de nulle part pour venir perturber le cours du récit.

Par conséquent il est parfois difficile de ne pas perdre le fil et de ne pas trouver les retournements de situations quelques fois un peu gros.

Pourtant malgré ce défaut majeur, « Batman, silence » est une aventure riche et dense ou le super héros voit se fissurer les certitudes de sa petite enfance et découvrir qu’un de ses meilleurs amis était en réalité un de ses ennemis les plus acharnés.

Toujours fragile psychologiquement, Batman reçoit toutefois le support de Catwoman qui lui permet de consolider leur relation et de lui rappeler que tout solitaire qu’il est, il dispose d’une famille de proche autour de lui avec son majordome Alfred, Oracle, Drake et Grayson.

Et ce n’est à vrai dire pas de trop dans cette avalanche de périls ou resurgit toute la galerie d’ennemis de la Chauve Souris, le massif monstre Killer Croc, la sexy femme plante Ivy, le médiocre Epouvantail ou les plus traditionnels Sphinx, Joker ou Double Face.

Un mot enfin sur le style de Lee, incroyable de puissance et de majesté, surclassant en force la finesse désuète d’un Tim Sale.

Ce Batman viril, intelligent, en phase avec la technologie informatique est à vrai dire tout à fait en phase avec son époque.

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