La playa DC (Juan Andres Arango)

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Glissement vers le film d’auteur avec « La playa DC » film colombien de Juan Andres Arango.

Sorti en 2012, « La playa DC » montre le quotidien de Tomas (Luis Carlos Guevara), jeune homme issu d’un quartier pauvre de Bogota, La playa qui se débat dans une famille disloquée depuis la mort du père et plus ou moins mal recomposée.

Tomas ne s’entend pas avec son nouveau beau père Roel, un gardien qui ne le supporte pas et fait tout pour pousser sa mère à le faire quitter la maison familiale.

Mais le principal problème du jeune homme est son jeune frère, Jairo (Andres Murillo) à peine 13 ans et déjà un enfant des rues, embringué dans d’inextricables embrouilles de drogue.

Tomas se lance à la poursuite de Jairo, perdu dans l’immensité de Bogota.

Ne connaissant pas très bien le monde des petits délinquants, il fait appel à son frère Chaco (James Solis) revenu de Buenaventura après avoir tenté sans succès de quitter le pays mais auréolé d’un certain prestige par son audace.

Sur de lui et hâbleur avec son look grossièrement américanisé, Chaco se débrouille comme un poisson dans l’eau dans le rue ou il exerce le métier de nettoyeur de pneu.

Il trouve un hébergement de fortune à Tomas et accepte de l’aider à chercher Jairo, pour que après les deux frères tentent ensemble leur chance pour quitter le pays.

Tomas accepte le pacte et les deux frères se mettent alors à la recherche du turbulent Jairo qui s’est semble t il évaporé après avoir tenté d’agresser une personne qui lui aurait tiré dessus.

Leurs pérégrinations les emmènent dans un centre commercial du quartier noir et Chaco présente Tomas à Nelson, un coiffeur spécialisé dans les coupes afro.

Tomas sympathise avec Nelson et propose timidement ses services au salon de coiffure, vendant des modèles de coupes originales contre un apprentissage progressif du métier.

Le courant passe bien entre les deux hommes et petit à petit Tomas commence à trouver un but à son existence précaire, allant même jusqu’à fréquenter une jeune fille cuivrée du centre commercial, qu’il embrasse à la sauvette entre deux portes.

Du coté des recherches, bien entendu tout est plus difficile, les deux garçons noirs et pauvres sont expulsés manu militari d’un centre commercial du quartier blanc, ce qui humilie fortement Chaco révolté de ce traitement.

C’est donc seul que Tomas poursuit ses recherches qui lui permette de retrouver un Jairo solitaire, enferré dans sa toxicomanie.

Après quelques tentatives, Tomas comprend qu’il ne peut rien faire pour son frère et renonce lorsque des voyous lui dérobent les milliers de pesos que Nelson lui avait confié pour s’acheter une tondeuse.

Humilié, Tomas est évincé du salon de coiffure et apprend que Jairo est mort.

Après l’enterrement sommaire, Chaco lui annonce son intention de quitter le pays le lendemain et lui donne rendez vous à la gare routière.

Mais Tomas a à présent d’autres buts, et après avoir acheté une tondeuse pour Nelson qui lui offre généreusement, choisi de s’établir à son compte comme coiffeur des rues.

Une nouvelle vie commence alors pour lui …

En conclusion, « La playa DC » est un film d’auteur, original et atypique.

Arango choisit d’éviter les clichés du misérabilisme et de l’ultra violence des trafiquants de drogue généralement intégrés au folklore colombien, pour dépeindre un quotidien certes pauvre et chaviré, mais foncièrement digne.

La plongée dans un quartier pauvre de Bogota est intéressante même si la culture « black » influencée par les USA ne représente pour moi qu’une parcelle de celle plus générale de la culture sud américaine.

Du coté, de la critique, le film se caractérise par son rythme lent et ses silences, ce qui  fait passer ses 1h30 de manière plutôt ennuyeuse.

Difficile donc, passé l’attrait de l’originalité, de pleinement se passionner pour cette production colombienne de second ordre.

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