Mesrine, l'instinct de mort (Jean-François Richet)

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Identifié comme l’ennemi public numéro un lors de sa courte vie dans les années 70, le gangster Jacques Mesrine ne parlait pas forcément aux jeunes générations jusqu’à ce que Jean-François Richet décide d’adapter sa vie au cinéma en deux films sortis en 2008.


Le premier d’entre eux « Mesrine, l’instinct de mort » est sans nul doute le plus intéressant car il raconte la genèse du criminel, qui après son service militaire effectuée pendant la Guerre d’Algérie se montre incapable de suivre le style de vie de ses parents petits bourgeois commerçants.

Solidement bâti, sur de lui, et plutôt bel homme, Mesrine (Vincent Cassel) commence alors à sortir la nuit à Pigalle, à fréquenter les lieux de tripots et de prostitutions avec son ami Paul (Gilles Lelouche).

Après quelques cambriolages, Paul présente Jacques à Guido (Gérard Depardieu) membre de l’OAS et caïd de Pigalle qui l’embauche comme homme de main.

Rapidement, Mesrine se distingue par l’extrême violence dont il est capable, lorsqu’il enterre encore vivant un proxénète maghrébin qui a défiguré une de ses amie prostituée.

Véritable tête brulée, il montre une prédilection pour les enlèvements contre rançon ou les hold ups et fait logiquement de la prison après des tentatives ratées.

Au cours de vacances en Espagne, il rencontre Sofia (Elena Anaya) espagnole qu’il épousera alors qu’elle est enceinte.

Sofia tente d’éloigner Mesrine des chemins boueux de la criminalité et semble temporairement y parvenir lorsque celui travaille dans une entreprise de maquettage mais la perte de son emploi le replonge dans ses vieux démons.

Décidé à renouer avec Guido, Mesrine redouble de violence à l’égard de sa femme et ne prête pas attention à son départ.

Il rencontre Jeanne Schneider (Cécile de France) une escort girl qui deviendra sa maitresse.

Mais l’homme est difficilement contrôlable, et il se met à braquer les casino de parrains de la pègre ce qui lui vaut quelques inimités et l’oblige à s’exiler avec Jeanne au Canada pour échapper au cycle sanglant des règlements de comptes.

Au Canada, il tente de trouver des travails honnêtes (ouvrier dans le bâtiment, chauffeur) mais replonge dans le crime en enlevant le milliardaire paralytique pour qui il travaillait.

L’enlèvement échoue mais Mesrine fait la connaissance de Jean-Paul Mercier (Roy Dupuis) un québécois révolutionnaire aussi brutal que lui.

Arrété aux Etats Unis il est extradé au Canada et interné dans un QHS (Quartier de Haute Sécurité) d’une prison aux méthodes très dures assimilées à des actes de tortures (privations de sommeil, de lumière, gazage, tabassage répétés).

Plus remonté que jamais par son passage en QHS, Mesrine parvient avec Mercier à réussir une évasion extrêmement osée.

Les deux hommes en cavale dans la foret canadienne tuent deux gardes forestiers et armés d’armes de guerre, prennent d’assaut la prison pour libérer leurs camarades.

Bien entendu cette folle tentative échoue après une fusillade d’une férocité inouïe.

Le film s’achève sur la possibilité du retour de Mesrine en France ou Jeanne purge sa peine et ou ses amis Guido et Paul ont été assassinés, victime des règlements de compte entre OAS ou criminels.

En conclusion, même si je n‘ai aucune fascination pour le parcours de cet homme, « Mesrine, l’instinct de mort » est un film intense, très bien mené, servi par une interprétation magistrale de Vincent Cassel (césarisé pour sa prestation !) qui dégage exactement le niveau de charisme et de violence qu’on attend de la part d’un personnage aussi hors du commun.

Même si le but du cinéma est de romancer la réalité, on en peut s’empêcher d’être impressionné par le courage un brin suicidaire de ce voyou malin, déterminé et prêt à toutes les audaces.

Personnage instable, violent porté sur les coups d’éclat spectaculaire apportant un enrichissement rapide, Mesrine montre un dangereux exemple auprès de certaines personnes faibles tentés par cette voie fatalement sans issue.

On pense par exemple au « Gang des Barbares » de Bagneux, tentés par des coups d’éclats d’une violence inouïe dans le but d’un profit immédiat.

Mis à pat ces quelques restrictions, on ne peut que rester admiratif devant le savoir faire du réalisateur et la qualité incroyable du jeu d’acteur de Gilles Lelouche et Gérard Depardieu.

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