La nuit de l'archange (Julie Gartempe)

Retour sur un polar du début des années 2000 que j’avais découvert lors de mes premières lectures, « La nuit de l’archange » de Julie Gartempe.
« La nuit de l’archange » raconte l’histoire tragique d’une jeune femme de dix huit ans, Alexis Verdier, martyrisée par son père Michel, un chirurgien influent de la Haute Saone qui depuis sa plus petite enfance lui inflige des sévices sexuels.
Soumise à l’influence de son père, Alexis a fini par se résigner à son sort et considère que les lâches silences de sa Mère comme un consentement tacite.
Pourtant, le jour des résultats de son bac, Alexis aidée par Nicole un de ses professeurs à qui elle a fini par se confier, prend la courageuse décision de fuir le foyer parental pour tenter d’échapper à l’emprise de son père.
Perdue dans le relatif anonymat de Paris, Alexis se cache dans de petits hôtels, goutant à une liberté encore fragile mais bienfaitrice.
A Paris, elle peut développer sa passion pour la musique et écume les clubs de jazz ou ses talents de musicienne ajoutés à son physique avantageux de grande blonde, ne tardent pas à lui permettre de décrocher des petits contrats suffisants pour vivre de son art.
Pourtant un accident de moto sur le périphérique va la propulser sur le chemin de Luca Sgambatto, policier de la brigade des stupéfiants, qui va la secourir sur place, avant que Alexis apeurée et farouche, ne disparaisse sans laisser de traces.
Après avoir été intrigué par le comportement de la jeune fille, Luca, pense avoir tourné la page et se montre surpris lorsque il retrouve Alexis dans les bureaux d’un commissariat après qu’elle ait été agressée dans un cinéma par un pervers sexuel, Samuel Horn.
Malgré le choc de son agression, Alexis tient tête de manière effrontée aux policiers, ne souhaitant révéler aucune information concernant son passé.
Horn de son coté est impliqué dans une autre affaire encore plus abjecte ou il a assassiné sauvagement une prostituée toxicomane et son client, que Luca et son équipe avaient mis sous surveillance.
Tandis que Alexis se remet du choc, Horn est retrouvé lui-même assassiné de manière subtile, avec une overdose maquillée en suicide.
Le bourru et solitaire Luca utilise les compétences d’un médecin de la police judiciaire pour tenter de décrypter la personnalité complexe d’Alexis et les verrous qui bloquent l’avancée de l’enquête.
Les évènements se précipitent lorsque Alexis est finalement retrouvée par son père qui l’agresse sauvagement dans sa chambre d’hôtel, la violant, la blessant et l’humiliant aussi bien physiquement que psychologiquement.
Cette fois Alexis ne peut dérober à un interrogatoire serrée mené par Jean-François Martinez, collègue mais néanmoins rival de Luca.
Luca parvient à s’interposer entre le brutal Martinez et une Alexis en état de choc, et prend sur lui de recueillir la jeune femme chez lui.
Fasciné depuis le début par la beauté et le mystère autour d’Alexis, Luca succombe finalement à ses charmes et noue une relation ambigüe avec elle.
Après une virée en moto dans le Vexin français qui lui redonne un peu d’oxygène, Alexis fausse une nouvelle fois compagnie à son amant protecteur et file directement retrouver son père ravi d’assoir à nouveau son emprise sur sa fille.
Alexis est droguée et enlevée par Verdier qui la séquestre dans une maison isolée dans la campagne de Haute Saone.
Elle y découvre sa mère, elle aussi enlevée et réduit à l’état de larve toxicomane par le multiples injections que lui fait subir son pervers de mari.
Mais dans le même temps, Luca ne reste pas inactif et l’enquête permet d’identifier Verdier comme principal suspect.
Une perquisition à la clinique du chirurgien confirme son addiction aux drogues, et une autre à son domicile met en évidence des clichés compromettant mettant en scène une Alexis enfant dans des situations dégradantes.
La confirmation de deux IVG réalisées par Verdier sur Alexis pour lui faire éliminer les enfants qu’elle avait de lui, finissent d’enfoncer le chirurgien.
De son coté, après avoir recouvré ses esprits, Alexis prend la décision la plus forte de sa vie en se rebellant contre son père et le blessant au visage à l’aide d’une seringue.
Elle fuit dans la campagne glacée en plein mois de Décembre, courant jusqu’à l’épuisement dans les forets et champs avant d’être récupérée à demi mourante par un chauffeur routier.
La police utilise un chien pour retrouver la maison de Verdier, découvre les vestiges d’une lutte et le cadavre de la mère.
Le lien est fait avec la jeune fille retrouvée mourante, mais Luca comprenant que Verdier ira jusqu’au bout pour sa fille, se rue à l’hôpital.
Les deux hommes conviennent d’un rendez vous seul à seul au cours duquel Verdier provoque un accident de la route, suffisant pour faire perdre conscience à Luca.
L’homme est heureusement abattu par la police, laissant le champs libre au couple pour tenter de se construire, loin de l’influence de ce père malade et destructeur.
En conclusion, « La nuit de l’archange » appartient à la catégorie des polars très sombres voir glauques, flirtant avec l’insoutenable parfois.
Gartempe se complait visiblement à salir la beauté angélique de son héroïne, en en faisant la marionnette de jeux incestueux abjects.
Derrière les scènes chocs et la romance un peu cliché entre un policier brute solitaire au grand cœur et une belle paumée mystérieuse, se cache un réel talent d’écriture, capable de tenir le lecteur brillamment en haleine dans une intrigue vivante et parfaitement maitrisée.
Nul doute que fort de tous ces ingrédients à base de suspens, sexe et violence , « La nuit de le l’archange » constitue un roman noir particulièrement intense qui ne laissera personne indifférent.
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