Medusa (Anita Rocha da Silveira)


 Sorti en 2022, "Medusa" est un film brésilien d'Anita Rocha da Silveira.

Dans un futur dystopique très (trop ?) proche, un groupuscule de chrétiennes radicales traque les femmes "pécheresses" pour les punir publiquement.

Leur coup d'éclat ? bruler le visage de l'actrice de Melissa (Bruna Lizmeyer) pour la laisser défigurée.

Très zélée, Mariana (Mari Oliveira) propose à leur chef Michele (Laura Tremouroux) , de se faire embaucher comme infermière dans un hôpital pour malades comateux afin de retrouver Melissa et de prolonger son humiliation et sa déchéance.

Il est vrai que Mariana a perdu son travail dans une clinique de chirurgie esthétique après avoir été balafrée par une de leur victime qui s'est défendue à l'aide d'un tesson de bouteille trouvé dans un parc.

Dans un hôpital étrange, Mariana fait la connaissance de Lucas (Felipe Frazão) infirmier comme lui qui lui apprend comment changer, laver et masser des corps inertes.

Elle cherche discrètement Melissa, croit la trouver mais se retrouve inanimée et blessée.

Sans preuve, Michele ne la croit pas.

Melissa se sent attirée par Lucas et a une relation sexuelle avec lui.

Mal à l'aise face au groupe, elle transgresse peu à peu les règles en constatant que Michele n'est en réalité pas plus à l'aise avec un petit ami membre des "Vigilants" la faction masculine du mouvement qui la frappe abondamment.

Elles participent masquées à une soirée sauvage qui se termine en bastonnade et tombent inanimées en pleine représentation musicale après que leur "pasteur" Guilherme (Thiago Fragoso) lui-même ait eu un malaise.

En conclusion, "Medusa" est un film brésilien singulier très loin des clichés samba/foot/favelas habituels.

A travers la dystopie Silveira décrit une dérive religieuse de la société qui s'apparente au fascisme avec l'apparition de milices usant de violence et intimidation pour terroriser les citoyens et imposer leur modèle étriqué du monde.

Les acteurs (actrices surtout) sont brillantes, avec un impressionnant lavage de cerveau instauré par un "pasteur" faisant d'eux des servants dociles et fanatisés convaincu de faire le "bien" en punissant les brebis égarés.

Autre point fort de ce film étrange et hypnotique, rappelant parfois Refn ou Lynch (oui c'est un compliment !) le bande son très électro-rock particulièrement réussie.

Un film pour esprits libres ! 








Commentaires