Arpenter la nuit (Leila Mottley)

 



Sorti en 2022 et récompensé de quelques prix aux États-Unis, « Arpenter la nuit » est un roman d'une jeune auteure nommé Leila Mottley.

Dans celui-ci, Mottley raconte le quotidien de Kia Holt, une jeune femme de 17 ans vivant dans un quartier pauvre d'Oakland. 

Avec un père décédé et une mère en prison pour meurtre, Kia tente de survivre avec son jeune frère Trevor tandis que son ainé, Marcus tente vainement de percer dans le rap.

Sans diplôme, sans qualification ni CV, Kia ne décroche aucun emploi et finit en dernier recours à se prostituer, seule dans la rue, après qu'un homme l'ait abordé dans un club de strip tease et forcé à un rapport sexuel.

Elle fait ses passes dans des voitures, refusant la protection du « mac » de Camilla, une prostituée « haut de gamme » cherchant de nouvelles filles et finit par se faire ramasser par la police.

Contre toute attente, les policiers d'Oakland lui propose de travailler pour eux dans des « after » ou elle doit satisfaire plusieurs d'entre eux contre rémunération ou la vague promesse d'une protection.

Kia accepte, l'argent rentre mais la situation bascule lorsque l'un d'entre eux, un Roux un peu étrange se suicide en dénonçant la situation dans une lettre.

Kia se retrouve donc impliquée à son corps défendant dans un scandale éclaboussant la police de la ville.

Mais malgré l’activé de son avocate Marsha, les policiers passent au travers des gouttes et Trevor, tabassé sur un terrain de basket après avoir participé à un système de paris illégaux,..pour Marcus c'est pire, devenu dealer occasionnel il est lui aussi incarcéré.

En conclusion, Tiré d'un fait divers, « Arpenter la nuit » est un roman glauque traduisant la misère de la classe pauvre noire d'Oakland.

Mottley décrit assez bien les contextes familiaux (père absent, famille explosée, drames) et sociaux (absence d'éducation, de diplômes) menant une jeune fille à vendre son corps pour raisons financières.

Mais ce roman lourd d'un « pathos » particulièrement chargé, véhicule aussi les stéréotypes « raciaux » habituels aux États-Unis : « eux » étant les Blancs aisés, « nous » étant les Noirs avec comme principales voies : le rap, le « deal », le basket ou la prostitution.

Quant à la police, elle est forcément « blanche » brutale, corrompue et protégée de surcroit.

Guère réjouissant donc et on aurait aimé plus d'optimisme ou d'ouverture d'esprit sous la plume d'une jeune fille de dix-sept ans, métisse aux yeux bleus...

Ne lisez pas non plus ce roman pour éprouver un quelconque émoustillage sexuel, les rapports avec les hommes sont décrits de manière très froide et mécanique, l'héroine semblant a l'instar de l'auteure plus attirée par les femmes.

En écrivant le roman que la société américaine (blanche) attendait d'elle, il est logique que Mottley ait récolté quelques lauriers ! 

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