Tintin au pays des soviets (Hergé)

 

Avec « Tintin au pays des soviets » voici une page historique de la bande-dessinée qui va etre chroniquée ici.

Premier album de Tintin, sorti en 1929 s'il vous plait, cette pièce de musée en noir et blanc voit Tintin reporter du journal belge le petit vingtième envoyé en Union soviétique.

Dès le trajet en train, (l'avion de commerce n'existe pas encore!), Tintin et son fidèle Milou échappent de peu à un attentat d'un agent bolchévique du parti du Guepeou.

Le train soufflé, le petit reporter sorti miraculeusement indemne est accusé par la police allemande d'attentat à la bombe et s'échappe en combinant audace et ruse en « empruntant » la moto et la voiture de policiers allemands balourds.

Une fois passé de l'autre coté de la frontière (sur un train!) il est arrêté par les militaires russes plutot pressés de le faire disparaître pour ne pas qu'il voit des choses qu'il ne devrait pas voir.

Mais plein de ressources et très soutenu par Milou, Tintin continue son chemin et découvre les mensonges de la propagande communiste avec des fausses usines tournant à plein régime, une abondance de nourriture feinte et le pillage en règle des koulaks ces paysans russes pour éblouir les journalistes étrangers.

Poursuivi par l'agent du Guepeou, Tintin déjoue sa ruse de déguisement en mendiant et lu inflige une sévère correction à mains nues.

Il échappe encore à encore plus d'agents, un utilisant une barque et une automobile de sport qu'il tente de réparer maladroitement.

Finalement repris, Tintin se fait passer pour un soldat soviétique, aide un koulak, échappe à une exécution, au froid mortel russe et même à un ours polaire qu'il enivre (!) avant de faire exploser une base secrète dans laquelle les communistes corrompus entassaient les biens volés.

Arrivé à Berlin en volant et trafiquant un avion russe, Tintin livre finalement à la police allemand son entêté poursuivant et revient acclamé en héros en Belgique !

En conclusion, « Tintin au pays des Soviets » est une BD historique et surprenante, bien loin du ton habituel plutot mesuré et neutre d'Hergé.

Seule BD réellement politique, le premier Tintin est une charge appuyée et courageuse contre le régime communiste qui impose une dictature sanglante et une famine au peuple russe.

Hergé attaque frontalement les méthodes des bolchéviques, leurs mensonges aux journalistes étrangers, leur corruption et leur méthodes sournoises.

Mais c'est sur la dynamique du récit qu'Hergé impressionne : pas un seul temps mort (ou presque!) et une succession ininterrompue d'aventures complètement folles qui font de Tintin un « presque » super héros sortant de toutes les situations y compris les plus extrêmes.

L'humour est déjà présent, notamment avec Milou, le « meilleur ami » du héros qui est ici pratiquement un alter égo le tirant avec courage et intelligence des situations les plus invraisemblables.

Même si Hergé progressera ensuite en affinant son trait et surtout en introduisant toute une palette de couleurs, puis une multitude de paysages gravitant autour du héros, ce premier Tintin est pour toutes les raisons évoquées plus haut, un authentique chef d’œuvre !

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