Dans la toile du temps (Adrian Tchaikovsky)
Écrivain reconnu de Science-Fiction, Adrian Tchaikovsky publie en 2016 « Dans la toile du temps », son roman le plus célèbre couronné par nombreux prix.
Volumineux ouvrage de près de plus 500 pages, « Dans la toile du temps » commence par le projet fou d'Avrana Kern, une scientifique désireuse de fonder une nouvelle humanité « améliorée » sur Brin-2, une lointaine planète terraformée présentant des conditions similaires à la Terre.
Mais son projet, victime de violentes oppositions et même d'un sabotage est mis à mal.
En situation d'urgence, Kern est obligée de télécharger sa conscience dans le satellite Sentinelle chargé de surveiller le développement de son plan.
Plusieurs milliers d'années après, l'équipage d'un navire cargo nommé le Gilgamesh émerge d'un état de stase prolongé. Le linguiste Hoslten Manson et l'ingénieure en chef Isa Lain réalisent peu qu'ils font partie des derniers spécimens de l'espèce humaine qui a fini par s'auto-détruire avec d'effrayantes armes technologiques.
Une première approche du monde de Kern se solde par une réaction d'une grande violence de la maitresse des lieux, qui les menace de destruction avant de les réexpédier vers, un monde glaciaire censé abriter une colonie.
En réalité, le nanovirus que Kern a tenté d'implanter à des singes pour faciliter leur développement a juste bénéficié à certains insectes comme les araignées qui au fil des siècles n'ont cessé de perfectionner leur intelligence et d'augmenter leur taille, jusqu'à finir par prendre complètement possession de la planète après avoir réussi le tour de force d'asservir les fourmis, la seule espèce qui représentait une menace de taille en raison de leur intelligence collective exceptionnelle.
En approche de la planète glaciaire, Laina et Hoslten réalisent l'échec du projet et la mort des colons. Leur vaisseau est détourné par le chef local nommé Scoles et ses hommes qui décident de se revenir vers Brin 2.
Après une course poursuite, deux aéronefs parviennent à atterrir sur Brin 2 mais les premiers spationautes à sortir dont Scoles se font massacrer par les insectes ce qui provoque un repli précipité, seule une traductrice nommé Nessel étant capturée par les araignées qui l'étudient longuement avec qu'elle ne meure.
Le chef de mission Guyen tente lui aussi de télécharger sa conscience dans le Gilgamesh pour accéder à l'immortalité et accéder lui-aussi au statut de dieu de la race humaine mais Lain et Holsten réussissent à la contenir dans le vaisseau.
Emmenés par Karst, le chef de la sécurité, les derniers humains tentent de reprendre le Brin 2 par la force mais ils se heurtent au niveau d'intelligence supérieur obtenu à présent par les araignées, capables de supporter le vide spatial et de prendre d'assaut leur vaisseau.
Utilisant des armes chimiques, les araignées déciment les combattants humains pourtant dotés d'armes sophistiquées et contraignent les survivants à la coopération avec la bénédiction de Kern qui a fini par accepter les araignées comme le summum du processus d'évolution qu'elle avait initié.
En
conclusion, « Dans la toile du temps » est un roman de SF ambitieux et original.
Très bien écrit et particulièrement prenant dans sa première partie, il décrit un futur alternatif possible pour une humanité par essence destructrice, cherchant en vain à survivre après avoir détruit son propre environnement, et le résultat d'une expérience génétique aboutissant à faire des araignées les nouvelles maitresses de l'évolution.
Pour j'ai trouvé l'alternance entre passages « humains » et « araignées » parfois un peu répétitive et trop systématique pour surprendre.
La guerre entre araignées et fourmis est réellement passionnante, chacun des deux camps rivalisant d'intelligence tactique pour s'imposer.
En revanche passé un certain niveau d'évolution, je suis demeuré plus sceptique en voyant les araignées accéder à des notions d'éthique, maitriser l'aéronautique et les communications spatiales !
Malgré ce léger bémol, « Dans la toile du temps » domine largement la mêlée des romans de SF traditionnels et offre une vision tout aussi effrayante et pessimiste malgré les drones et l'IA, du futur de l'Humanité !
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