Ma vie sans gravité (Thomas Pesquet)

 

En 2023, fraichement retraité de son métier d'astronaute, Thomas Pesquet sort sa biographie « Ma vie sans gravité. ».

Ecrite par Arnaud Cathrine, « Ma vie sans gravité » retrace le parcours de ce fils d'enseignant d'un village normand que rien ne prédestinait un jour à voler dans l'espace.

Pesquet décrit une enfance heureuse, animée par le sport (judo, basket), la musique (saxophone) et un goût pour l'excellence scolaire saupoudré une dose de rébellions « light ».

Il tente de concilier sa passion pour les avions avec ses capacités intellectuelles en intégrant Supaéro. Il s'y fait des copains, joue dans un groupe en amateur et surtout rencontre Anne, qui étudie en agronomie.

Très tôt, Thomas choisit se spécialiser dans l'espace mais ses premiers boulots d'ingénieur pour Thalès et CNES ne tardent pas à l'ennuyer.

Homme d'action, il devient pilote de ligne chez Air France. Il adore son métier de pilote mais saisit ensuite l'occasion de postuler chez l'EASA qui cherche à recruter la prochaine génération d'astronautes.

Sans y croire complètement, Pesquet franchit toutes les étapes du recrutement : il se montre polyvalent, sportif, doué pour les langues (il faut savoir parler russe), psychologiquement stable et donne les « bonnes » réponses aux recruteurs qui ne cherchent pas des casse-cou aveuglé par la gloire mais veulent travailler pour l’intérêt scientifique commun.

Lorsqu'il apprend qu'il est retenu, il met en pause sa vie confortable de pilote et enchaine les stages en Allemagne (Cologne), États-Unis (Houston) et Russie (Baïkonour lieu du lancement des Soyouz).

Il mène alors à plus de 30 ans une vie de moine, étudiant et se préparant sans cesse à maitriser l'ensemble des procédures et surtout l'équipement nécessaire pour évoluer dans un milieu par nature hostile.

Pesquet réalisera 2 missions une sur Soyouz, l'autre sur Spacedragon le lanceur de SpaceX beaucoup plus moderne et informatisé.

A chaque fois il raconte avec forces détails le quotidien à bord, peuplé de taches de maintenance répétitives et risquées comme l'installation de nouveaux panneaux solaires, d’expériences scientifiques occupant 50% de son temps et d’exercices physiques pour tenter de compenser la perte musculaire liée à l'absence de gravité.

Les frayeurs sont nombreuses, notamment lors des sorties spatiales ou la perte d'objets ou n'importe quel dysfonctionnement matériel peut conduire au drame.

A son retour en France, il est estomaqué de sa popularité qui remonte au plus haut niveau de l'Etat.

Devenu un emblème, il tente de sensibiliser sur la notion de respect environnemental.

En conclusion « Ma vie sans gravité » est une biographie à l'image du personnage de Thomas Pesquet, plutot lisse et controlée.

Tout en jouant les modestes notamment vis-à-vis de prédispositions génétiques (bonne santé, carrure athlétique) et bonne éducation (ah les fils et filles de professeurs et l'excellence académique!), Pesquet réunit un nombre proprement hallucinant de compétences pour faire partie de l'élite des astronautes.

Ingénieur de base, pilote surtout (de ligne pas de chasse!), sportif, musicien, il se doit de posséder des compétences scientifiques et médicales de base pour réaliser son travail « la-haut » en plus des taches opérationnelles consistant principalement à des maintenances plutot risquées. 

Sans surprise, la partie la plus intéressante de la biographie consiste dans les récits spatiaux et les frayeurs obtenues lorsque des erreurs de manipulation ou des dysfonctionnements sont apparus.

L'aspect inter-culturel (notamment les relations avec les Russes) est également prépondérant.

Assez peu de choses en revanche sur sa relation complexe avec Anne, la compagne qui accepte les sacrifices et attend transie d'angoisse au sol pendant que monsieur s'envoie en l'air !

Objectif atteint donc même si on aurait aimé que Pesquet ouvre un peu plus le scaphandre pour connaître la vision de l'homme et ses interactions avec les grands enjeux de société !

Bien donc mais peut mieux faire sur ce point M Pesquet ! 

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