Les damnés (Roberto Minervini)

 

On reste dans le monde du cinéma avec « Les damnés » de Roberto Minervini. 

Sorti en 2024, ce film montre la progression dans l'Ouest américain d'un groupe de volontaire de l'armée nordiste en plein milieu de la Guerre de Sécession.

En plein hiver, le petit groupe traverse des zones sauvages et montagneuses. Sans expérience militaire, ils subissent de plein fouet la première attaque adverse qui occasionne de nombreuses pertes.

Pour certains commence alors un questionnement profond sur le sens de leur engagement, leur place du coté du « Bien » et le rôle assez flou de Dieu dans ce conflit aussi absurde que meurtrier.

Le plus expérimenté (Jeremiah Knupp), qui a déjà manié les armes, finit par s'associer avec le meilleur tireur du groupe (René W Solomon) laissant les blessés, les jeunes et les anciens à l'arrière.

Ensemble, ils marchent dans la neige, évitent les patrouilles ennemis, n'engagent aucun combat et se promettent de survivre comme seul but.

En conclusion, « Les damnés » est une chef œuvre contemplatif à la beauté formelle saisissante.

Paradoxalement les scènes de combat sont rares, aussi soudaines que violentes et confuses, donc réaliste d'un point de vue militaire lorsqu'une embuscade survient.

On perçoit le sentiment de doute s'installer auprès d'hommes simples mais intelligents, remettant peu à peu le bien fondé de leur présence et de leur combat.

La famille, la patrie, la gloire, Dieu...tout est passé en revue ou presque avant que la simple question de la survie l'emporte comme une valeur primordiale et essentielle prévalant sur les autres, plus abstraites et artificielles.

Un grand film donc, une très belle reconstituions sur un conflit souvent peu représenté en comparaison des guerres mondiales. Oui « Les damnés » touche au film ultime sur l'absurdité des guerres provoqués par des dirigeants ne mettant jamais les pieds dans l'enfer des champs de batailles.

Si ce modeste film pouvait nous servir de leçon !

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