Houston, Houston, me recevez-vous ? (James Tiptree Jr)

 

Poursuite de l'exploration du monde de la Science fiction avec un classique de James Tiptree Jr « Houston, Houston, me recevez-vous ? ». 

Parue en 1976, cette courte nouvelle met en scène l'équipage d'un vaisseau spatial de la NASAnommé Sunbird qui au cours d'une mission d'exploration du soleil entre en contact avec Gloria, un autre vaisseau qui leur explique qu'ils ont effectué un voyage dans le temps.

Tout d'abord incrédules, les trois astronautes finissent par se rendre à l'évidence et décident de quitter le Sunbird endommagé pour rejoindre le Gloria.

Ils sont accueillis par des femmes dirigées par Connie, qui leur expliquent l'évolution de la planète Terre après plus de trois siècles.

L'apparition d'un étrange virus a fini par rendre les hommes stériles et a provoqué une extinction de masse, aboutissant à un repli de l'Humanité autour du Sud des Etats-Unis. Cette nouvelle société, non hierarchisée a comme particularité d’être exclusivement composée de femmes. 

Orren Lorimer le scientifique de l'équipage trouve trop parfaite et idyllique cette société pacifiste et finir par découvrir que ses interlocutrices sont des clones.

Mais Bernhard Geirr, le capitaine du vaisseau se laisse envahir par ses pulsions et agresse sexuellement, Judy et physiquement Andy un clone androgyne trop intrusif à ses yeux.

Le Major Norman Davis, fervent chrétien, le réprimande sévèrement et tente d'imposer son autorité par le moyen d'une arme. Ces agissements forcent Lorrimer à intervenir et à neutraliser ses collègues, mortellement.

La conclusion est cependant sans appel pour lui : sans utilité dans une société purement féminine ayant appris à s'affranchir de la présence masculine, Lorrimer sera euthanasié.

En conclusion, « Houston, Houston, me recevez-vous ? » commence comme un roman de SF spatial plutot classique à base d'avarie technique et de voyage temporel pour basculer vers une dystopie féministe.

Assez radicale, Tiptree imagine une société devenue progressiste et pacifiste en se débarrassant de la présence encombrante des hommes.

Avec une jubilation assez cruelle, elle place ses trois hommes « du passé » dans une situation de vulnérabilité et aboutit à leur élimination, du fait de leurs comportements déviants, agressifs ou tout simplement de leur inutilité.

Une vision plutot effrayante du futur, mais à laquelle semble aspirer Tiptree qui s'est pour cela inspirée de son expérience réelle dans un camps militaire féminin dans la Seconde guerre mondiale.

De là à penser qu'une société exclusivement féminine serait exempte de conflits et de déviations, il y un pas qui me semble difficile à franchir.

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