The civil war, dvd 2 (Ken Burns)

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Voici après une courte interruption la suite de « The civil war » de  Ken Burns, célèbre série historique consacrée à la Guerre de Sécession américaine.

Le deuxième Dvd se compose de deux parties d’une durée sensiblement égale ou interviennent les mêmes commentateurs que lors du premier notamment les historiens Shelby Foote et Barbara Field dont les analyses complètent les témoignages écrits des époques (notamment le  soldat nordiste Elijah Hunt Rodes et le soldat sudiste Samuel Watkins).

 La première partie intitulée « Libres à jamais » traite de l’année 1862, marquée surtout par les revers militaires de l’armée de l’Union emmenée par le général Mc Clellan, qui limité par son caractère orgueilleux et attentiste, ne peut exploiter sa supériorité numérique, logistique et est à chaque fois défait par les généraux Confédérés.

Du coté sudiste, on assiste à l’émergence du général Lee, redoutable tacticien capable de briser les schéma traditionnels de la guerre pour provoquer une guerre de mouvements et d’audace, suceptible de prendre de cours ses ennemis engoncés dans des plans trop prévisibles.

Lee est formidablement appuyé par son bras droit, le général Stonewall Jackson, lui aussi adepte des mouvements rapides, instinctifs et dont le caractère pieux s’accommode assez mal d’une certaine insensibilité au sort des hommes.

Ce duo d’hommes forts et déterminé est complété par le général James Ewell Stuart ou le lieutenant général Nathan Beford Forrest, dont la maitrise de la cavalerie, causera d’important dommages humains et matériels au sein des troupes ennemis.

Bien que bénéficiant d'une incroyable supériorité numérique, Mc Clellan échoue devant Richmond, que Lee dégage après une succession d’engagements habiles et audacieux.

Exaspéré, Abraham Lincoln le limoge et nomme ensuite le peu fiable John Pope qui essuiera de telles pertes à la seconde bataille de Bull Run qu’il sera remplacé à nouveau par Mc Clellan.

Enhardi par ses succès, Lee prend l’initiative et porte la guerre sur le territoire nordiste.

A Sharsburg (Washington) près de la rivière Antietam a lieu l’une des plus meurtrières batailles du conflit avec 23 000 morts en une journée.

Devant la lourdeur des pertes, Lee est contraint à la retraite mais  Mc Clellan se montre incapable d’exploiter cet avantage.

Cette année se termine par la promulgation par Lincoln de l’abolition de l’esclavage mais dont l’application passe par une victoire militaire décisive qu’aucun de ses généraux n’est en mesure de lui apporter.

Cette annonce a un effet terriblement puissant sur les esclaves qui entrevoyant l’espoir de la liberté, sont de plus en plus nombreux à quitter leurs maitres sudistes pour s’enrôler dans l’armée de l’Union.    

La seconde partie intitulée « Un meurtre tout simplement » traite majoritairement de l’année 1863 en relatant les difficiles conditions de vie des soldats au front avec une nourriture immonde à base de viande, de riz, haricots et de gâteaux secs remplis d’asticots et de grandes quantités de café, tabac consommées pour tenir le coup.

Bien entendu l’alcool bien que réprouvé par les officiers est largement consommé au sein des rangs des deux camps.

Mais le plus problématique reste les nombreuses maladies inhérentes au froid, au manque d’hygiène et à la promiscuité, qui seront responsables d’un grand nombre de décès.

Sur le plan militaire, le général nordiste Grant pilonne avec acharnement la forteresse de Vicksburg mais Burnside, le successeur de Mc Clellan une nouvelle fois limogé pour son attentisme,  est battu par Lee et ses troupes lors de la terrible bataille de Fredericksburg (Virginie) qui couta la vie à 13 000 de ses hommes.

Son successeur l’arrogant Joseph Hooker subira la même humiliation à Chancellorsville même si cette victoire coutera la vie à l’impétueux Jackson, considéré comme un héros de la guerre.

On termine cette deuxième partie en laissant un camp nordiste en difficulté après avoir pris une mesure impopulaire et subi les récents revers militaires de ses généraux, même si le camp sudiste commence déjà à souffrir économiquement de l’effort de guerre et de l’arrêt de ses exportations de coton.

En conclusion, dans « The civil war, dvd 2 » , le documentaire de Burns se montre toujours aussi passionnant avec une lecture à plusieurs niveaux du conflit, tout d’abord haute avec les décisions des politiciens et des généraux, et une autre consacrée aux hommes de terrains : sous officiers, infirmiers, simples soldats voir esclaves dont les témoignages terriblement réalistes donnent une vision poignante des batailles ou la stratégie dominante de l’époque consistait en des successions de charges héroïques couteuses en hommes pour prendre des positions solidement défendues par les fusils ennemis.

Dans ce conflit, les Sudistes paraissent moins nombreux, moins bien équipés et nourris que leurs adversaires mais compensent cette infériorité par la qualité exceptionnelle de leurs généraux et leur farouche détermination à défendre leurs terres.

Plus puissant mais moins bien commandé, le camp nordiste se caractérise par les prises de positions audacieuses de son président en faveur des esclaves, positions qu’il peine pour l’instant à affirmer faute de victoires militaire.

Autour de batailles d’une violence inouïe ou les hommes sont fauchés comme des épis de blé, le conflit semble donc s’équilibrer avec une issue bien incertaine ... 

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