Frenzy (Alfred Hitchcock)
Sorti en 1972, « Frenzy » est l’un des derniers films d’Alfred Hitchcock et pas nécessairement le plus connu.
L’histoire est celle d’un polar classique comme Hollywood affectionne, avec à Londres un ancien pilote de chasse appelé Richard Blaney (Jon Finch) en proie a d’importantes difficultés personnelles : limogeage de son métier de barman par son patron et douloureux divorce de sa femme Brenda (Barbara Leigh-Hunt).
Blaney apparait comme un homme tourmenté, fort en gueule et volontiers excessif dans ses comportements comme lors d’un diner mouvementé avec son ex femme dont il ne supporte pas la réussite matérielle comme directrice d’une agence de rencontres.
Alors que dans le même temps, un tueur en série étranglant les femmes avec ses cravates sévit dans la ville, Blaney va se trouver soupçonné malgré lui de meurtres après que sa femme ait été assassinée à son bureau.
Le meurtrier est en réalité son ami le grossiste en fruits et légumes Robert Rusk (Barry Foster), qui étrangle Brenda après une scène de viol particulièrement pénible.
Soupçonné par Monica Barling (Jean Marsh) la secrétaire de Brenda qui le voit sur place peu après le meurtre et par son comportement jugé violent en public, Blaney va devoir se cacher de la police qui avec l’inspecteur Oxford (Alec Mc Cowen) mène l’enquête.
Il est aidé dans sa cavale par sa maitresse Barbara Milligan (Anna Massey) mais commet le tort de se confier à Rusk, qui incapable de refreiner ses puissants instincts de prédateur s’empresse de se ruer sur la belle pour la tuer également.
Lorsque que Rusk découvre que Barbara a dans sa mort emporté une broche permettant de l’identifier, l’homme panique et se précipite sur un camion de pommes de terre dans lequel il a chargé le corps de sa victime.
Dans le noir absolu de la remorque roulant en pleine nuit, Rusk est obligé de briser les doigts de Barbara pour vaincre la rigidité cadavérique et récupérer sa broche.
Il descend ensuite du camion dans un état lamentable tandis que le corps de Barbara est finalement retrouvé sur la route.
Rusk échappe une nouvelle fois à la police, et Oxford qui bien que peinant à supporter la nourriture exécrable de sa femme, Madame Oxford (Vivien Merchant), reçoit cependant de précieux conseils pour adopter la plus grande prudence quand à l’évidence des preuves condamnant Blaney.
Malheureusement, Blaney de plus en plus sous pression court chez Rusk qui se fait un malin plaisir de le trahir pour le faire arrêter à sa place.
Condamné par les apparences, Blaney est jugé, condamné à perpétuité et emprisonné.
Haineux contre Rusk, il simule un accident en prison pour se faire transférer dans un hôpital et ainsi fausser plus facilement compagnie à ses geôliers.
Blaney étant un enquêteur médiocre, peine à confondre Rusk pris pourtant en flagrant délit de nouveau meurtre, mais reçoit l’aide inespérée de Oxford, finalement convaincu par la sagacité de sa femme, qui lui permet de serrer finalement le véritable tueur.
En conclusion, « Frenzy » est un efficace polar bien construit qui séduit par son rythme enlevé riche en rebondissements.
Au milieu des pubs et commerces de sa Londres chérie, Hitchcock terrorise dans des scènes ou le sexe apparait années 70 obligent crument, mais divertit également par son humour décapant comme dans les scènes de repas des Oxford, ou la nourriture (française !) la plus infâme est servi au valeureux policier qui ne se déparait pas pour autant de son flegme britannique.
Quelques bémols pourtant : le personnage de Finch toujours en colère et particulièrement peu sympathique auquel il est impossible de s’identifier et la scène du camion, insoutenable par sa longueur, son coté glauque et son manque d’intérêt pour le film.
Malgré ses quelques défauts et une intrigue somme toute assez classique, « Frenzy » est un film tout à fait respectable au sein de la plantureuse filmographie du Maitre.
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