La syndicaliste (Jean-Pierre Salomé)
Sorti en 2022, « La syndicaliste » est une adaptation d'un livre enquête de journaliste du Nouvel Observateur par Jean-Paul Salomé.
Maureen Kearny (Isabelle Huppert) une syndicaliste influente membre de la CFDT d'Areva est un jour contacté par un salarié d'EDF qui lui transmet des documents confidentiels montrant la volonté du PDG de passer un accord avec la Chine.
Soucieuse de préserver le savoir faire et les emplois d'Areva, Maureen en parle à Anne Lauvergeon (Marina Fois), l'ex PDG du groupe remplacée par Luc Oursel (Yvon Attal).
Tout en la soutenant, Lauvergeon qui est neutralisée politiquement avec l'arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir, se montre plutot réservée voir énigmatique.
Mis au courant, Oursel devient vite agressif et menace Maureen en termes vagues.
Rapidement les coups de fils anonymes commencent ainsi que des filatures.
Oursel qui a des connexions aux plus hautes sphères du pouvoir comme le ministre Montebourg (Christophe Paou) fait pression pour faire craquer Maureen.
Un matin la syndicaliste est agressée à son domicile de Rambouillet. On le retrouve ligotée, bâillonnée, un manche de couteau enfoncé dans le vagin et un A gravé sur son ventre.
Malgré le soutien de Gilles (Grégory Gadeboy) son mari un peu dépassé par les évènements, les gendarmes se montrent vite suspicieux et contestent le récit de Maureen.
Influencés par Outrel, ils manipulent l’enquête pour l'accuser d'avoir tout inventé, ce qu'elle finit par avouer par contrainte.
Après s’être retirée de ses activités de syndicaliste et devenue professeur d'anglais à Annecy, Maureen est contactée par une des jeunes gendarmes de l’enquête qui la met en relation avec la femme d'un ex PDG de Veolia ayant subi le même traitement car son mari a dénoncé une corruption.
Requinquée par ce soutien inespéré, Maureen change d'avocat, gagne son procès en appel et contre attaque vers le gendarme ayant volontairement manipulé l’enquête.
Mais Outrel mort, sa source chez EDF disparue dans une crise cardiaque, aucune preuve n'est jamais apportée sur ses agresseurs et leur commanditaire, même si un proche du pouvoir est plusieurs fois évoqué.
En conclusion, « La syndicaliste » est un film froid et dur, porté par une Isabelle Huppert comme souvent impeccable.
Mais c'est surtout Fois qui impressionne dans un rôle complexe et trouble, l'ex PDG d'Areva exerçant une forme de manipulation sur son ancienne protégée.
Attal est au même niveau dans un rôle de PDG ténébreux et irritable.
Plus de réserve sur Demaison et Gadebois, faire-valoir sans intérêt d'un film « révélation » qui ne révèle pas grand-chose, sinon que la France contrairement aux Etats-Unis a toujours eu des velléités de « vendre » son savoir faire industriel à des pays étrangers contre la promesse de gros contrats.
Plus intéressant : le traitement glaçant de l’agression, du viol, de l’enquête manipulée révèle aussi souvent la piètre considération qu'on peut porter au récit d'une femme.
Pas un chef d’œuvre donc mais à voir pour les quelques très bons numéros d'acteurs !
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