La Planète Géante (Jack Vance)
Il manquait ici une chronique de Jack Vance, l'un des « papes » de la Science fiction.
Sortie en 1957, « La Planète Géante » est le récit d'une expédition sur une lointaine planète colonisée par la Terre.
A leur tête, Glystra dirige une mission d'inspection destinée à rendre compte auprès du pouvoir central, terrien de la situation sur cette planète en principe soumise aux lois terriennes afin de contrer la volonté hégémonique d'un tyran local, le Bajarnum du Beaujolais qui pratique en outre le trafic d'esclaves.
Mais une défaillance de son vaisseau provoquée par un sabotage d'un nommé Abbigens, le conduit à un atterrissage catastrophe à 65 000 km du point visé, l'Enclave terrienne.
Avec huit membres de l'expédition, Glystra décide donc de rejoindre courageusement à pieds sa destination.
Après quelques hésitations il emmène Nancy, une jeune autochtone orpheline désireuse de les accompagner et surtout de les guider dans un voyage plein de périls.
Le voyage est éprouvant et les met en rapport avec des Bohémiens, des pilleurs agressifs dirigé par leur chef redoutable Heinzelman, mais les Terriens disposent de pistolets désintégrateurs ioniques qui leur donnent une supériorité technique sur leurs ennemis.
Abbigens, le traitre de l'expédition est retrouvé tué et Bishop, l'intellectuel de la bande, déjoue la ruse d'Heinzelman qui reposait sur une projection avantageuse de son aura.
Puis ils doivent vaincre les Magiqueurs, qui utilisent l'image de griamobots de monstrueux serpents de rivière pour monnayer leurs services pour l'utilisation d'une monoligne guido-filée dans les airs.
Arrivés à Kirstendale, une ville opulente ou la vie paraît idyllique, certains comme Cloyville, restent dans un état second sur place comme valet à la solde du puissant Sir Walden qui les hébergent dans sa fastueuse demeure.
Guidé par Clodeberg, Glystra trouve néanmoins la force de continuer sur le monorail, mais la rencontre avec les féroces Rebbirs, des pillard nomades les poussent à fuir de manière désespérée pour échapper à une horde sauvage en utilisant de manière occasionnelle la ruse pour se cacher.
Une fois sur le territoire du Bajarnum, Glystra constate la mort de ses derniers compagnons, notamment Bishope décapité et l'enlèvement de Nancy.
Lui aussi n'échappe pas à la capture et assiste aux prétendues révélations d'un oracle, en réalité un pauvre prisonnier, conditionné et drogué par d'étranges substances hallucinogènes appelées zygages qui augmentent ses perceptions jusqu'à le conduire à un décès accéléré.
Usant de ruse, Glystra feint d'accepter le conditionnement et trouve antidote pour s'échapper.
Avec, il subtilise l'aerocar du Barjanum et sabote le monofil. Lorsque le seigneur fou de rage se lance à leur poursuite il fait une chute vertigineuse et se trouve pris à bout de fil.
Par contrainte, Glystra obtient la libération de Nancy qu'il pardonne pour son rôle d'espionne repentie lors de l'expédition, puis l'arrestation du Barjanum, mais se montre très cynique quant à l'avenir de la planète géante qu'il voit à jamais échapper à toute tentative de pacification et de réglementation.
En conclusion, « La Planète Géante » est un roman combinant l'imaginaire féconde la SF avec le rythme d'un roman d'aventures.
Vance tient bien son récit et le truffe de continuelles péripéties pour l'animer.
Malgré ce joli exercice de style, plutot réussi, la psychologie des personnages reste somme toute sommaire et on ne s'émeut guère des pertes récurrentes qui surviennent lors de l'avancée de l'expédition.
Le déplacement par monofil dans le futur est assez décevant, tout comme les griamobots qui ne sont que des leurres habités par des humains, de la même manière les Bohémiens font penser à des Gitans et les Reddirs à des Huns fantasmés...
Quant au royaume de Kirstendale il n'arrive pas à la cheville de celui de Circé.
Les combats sont assez plats et seuls les passages concernant les oracles m'ont vraiment enthousiasmé.
Le roman peut malgré tout être considéré comme remarquable et précurseur compte tenu de son époque, les années 50, mais on en attendrait depuis Star Wars beaucoup plus de la Science fiction moderne !
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