Seven (David Fincher)

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Très étudié sur ce blog, David Fincher est surtout connu pour « Seven », mémorable polar sorti en 1995, qui après un « Alien 3 » décevant, révéla le réalisateur américain au grand public avec un vrai succès commercial.

« Seven » raconte l’histoire d’un duo de policiers, le vieux sage Somerset (Morgan Freeman) et le jeune impétueux Mills (Brad Pitt) qui vont devoir faire équipe pour résoudre une série de meurtres aussi atroces qu’énigmatiques.

La première victime est un obèse solitaire retrouvé dans son appartement la tête dans un plat de spaghetti.

L’expérience de Somerset oriente Mills vers un homicide, ce que confirme l’expertise médico-légale, l’obèse ayant été forcé à manger jusqu’à ce que son estomac éclate.

Alors que les caractères des deux hommes se heurtent, Mills refusant d’être taxé d’inexpérimenté par son ainé, un second meurtre survient avec l’odieux assassinat  d’un avocat obligé de s’arracher une partie du ventre.

Encore une fois le flair de Somerset joue et le duo parvient à mettre en évidence deux messages signifiant que le premier meurtre est sous le signe de la gourmandise et le second de l’avarice.

Le meurtre de l’avocat Gould fait les gros titres et la police est sous pression.

Après avoir fait appel à la police scientifique, les policiers sont orientés sur California (John Mc Ginley) un pervers sexuel et débarque chez l’homme, en réalité sanglé sur son lit et maintenu en vie malgré d’horribles blessures.

Agonisant, l’homme taxé de paresse par le tueur n’est d’aucune utilité et au cours de l’inspection, Mills a un accrochage avec un photographe venu prendre des photos de la scène de crime.

Le duo fait marcher son intuition et se lance dans une grande recherche bibliographique sur les textes anciens : contes, légendes, poésies, bible … pour se rapprocher des sept péchés capitaux et tenter de trouver une signification au symbolisme des meurtres.

Mills surprend Somerset par sa ténacité et ses capacités intellectuelles et les deux hommes passant de plus en plus de temps ensemble se rapprochent par l’intermédiaire de Tracy (Gwyneth Paltrow) l’épouse de Mills, qui se confie au vieux policier en lui avouant être enceinte.

Emu par cette confidence lui rappelant sa propre histoire personnelle, Somerset promet de ne pas dévoiler le secret à son coéquipier.

C’est en utilisant ses contacts au FBI qui surveillent certains usagers des bibliothèques municipales, que Somerset identifie un suspect nommé John Doe (Kevin Spacey).

Pensant avoir simplement affaire à une mission de routine, Mills accepte de suivre à contre cœur son coéquipier pour perquisitionner chez Doe et a la désagréable surprise de tomber sur le tueur qui n’hésite pas à ouvrir le feu sur eux.

Une folle course poursuite s’engage alors dans des rues sombres ou se déversent des tombes d’eau et Doe prend le dessus sur Mills, l’épargnant pour une raison inconnue.

Cette découverte n’empêche pas Doe de faire une quatrième victime, une prostituée poignardée à l’aide d’un godemichet-couteau.

Malgré les profondes réflexions philosophiques entre les deux hommes sur la nature profonde du crime et sur l’usure des policiers à la combattre, le tueur semble toujours insaisissable et enchaine avec le meurtre d’une actrice qualifiée d‘orgueil, horriblement défigurée et contrainte à se suicider devant l’intensité de ses douleurs.

Finalement contre toute attente, Doe se livre directement mais propose via son avocat un marché sordide : conduire le duo à l’endroit ou deux de ses victimes sont dit il entreposées en échange de sa bonne volonté au tribunal.

Mills et Sommerset acceptent à contre cœur le marché d’autant plus odieux que Doe tente dans la voiture qui se dirige dans une zone désertique entre des pylônes de haute tension, de justifier la grandeur de ses actes qui le pense t il le conduiront à la postérité.

Après une phase de grande tension, Sommerset découvre la tête de Tracy dans une boite, tandis que Doe provoque ouvertement la colère de Mills pour l’amener à le tuer.

Malgré les efforts de Sommerset pour raisonner son coéquipier, la douleur est trop forte pour Mills qui tue Doe, condamné pour dit il, l’envie du mode de vie du policier.

Il semblerait donc que Doe ait atteint son but et remporté la partie, laissant Sommerset encore plus écœuré sur la nature humaine …

En conclusion, « Seven » est un grand film et sans doute le meilleur film de tueurs en série jamais réalisé.

Outre son scénario particulièrement retors et corsé, « Seven » se distingue surtout par son esthétisme superbe et son ambiance sombre ou les enquêteurs s’enfoncent toujours plus loin dans les arcanes de l’horreur.

Parfaitement construit, superbe visuellement, servi par des acteurs d’une grande sobriété et parfaitement antagonistes, « Seven » est film très fort dont les scènes particulièrement impressionnantes et le suspens haletant, n’ont pas fini de hanter le spectateur.

Moins pompeux et plus ciselé que le surestimé « Fight club », « Seven » auréolé de l’oscar du meilleur montage est pour moi le bijou de Fincher.

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