Le tueur, volume 6 ; modus vivendi (Luc Jacamon, Matz)

 



En 2007, après une pause de quatre ans, le duo Matz et Jacamon continue sa prolifique production avec « Le tueur, volume 6 ; modus vivendi ».

On retrouve notre tueur revenu dans le « business » après quatre années d'inactivité passé dans sa discrète demeure retirée au Venezuela.

Maintenant père d'un petit garçon, il reprend du service non pas par besoin financier mais par envie de retrouver le goût de l'action dans une « activité » ou il excelle.

La série de contrats qui lui apporte Mariano et son « parrain » le pousse à assassiner un homme à Mexico puis un autre à Caracas, le premier en maquillant un suicide, le second un accident de la route.

Légèrement mal à l'aise de devoir travailler dans son propre pays, le tueur voit son malaise croitre lorsqu'il réalise que sa troisième cible, Madre Luisa, st une religieuse estimée travaillant à éradiquer la misère dans les bidonvilles latino-américains.

Le tueur recontacte Mariano qui accepte de l'aider à tirer plus au clair les raisons pour vouloir éliminer une femme pareille. La découverte de ses deux intermédiaires assassinés confirment leurs soupçons mais ni Mariano ni son parrain, n'ont la possibilité d'en savoir plus sur les véritables commanditaires, qui s'impatientant, relance le tueur pour l'exécution du contrat.

Se sentant piégé, le tueur finit par accepter et éliminer la religieuse d'un tir de fusil à lunettes longue portée, son arme de prédilection. L'onde de choc dans toute l'Amérique latine est gigantesque et la série de trois meurtres, tous liés par des connexions au monde pétrolier, finit par pousser le Venezuela à faire baisser le prix du baril.

Le tueur comprend donc qu'il a été l'instrument d'une déstabilisation nationale mais ignore toujours qui sont les réels commanditaires et quand cette macabre liste s’arrêtera.

Se sentant piégé, il commence par craindre pour sa vie et celle de sa famille, ce qui le pousse à prendre contact avec Filomeno Villareal, un haut fonctionnaire du Ministère de l'Intérieur colombien, cousin de Mariano, afin d'assurer ses arrières.

Prochain contrat : Cuba !

En conclusion, « Le tueur, volume 6 ; modus vivendi » nous replonge avec une certaine délectation dans le monde froid, dur et cynique d'un tueur professionnel.

Cette fois le tueur semble le pantin d'une organisation international de grande envergure et commence à regretter d'avoir repris ce « travail » qu'il affectionne...

Les ingrédients sont toujours les mêmes : un fond intéressant avec de longs monologues justifiant cet « art de vivre » par une logique nihiliste et individualiste et une forme magnifique avec des graphismes somptueux mettant remarquablement en valeur l'Amérique latine.

On se laisse porter avec plaisir et attend impatiemment de découvrir la suite de cette nouvelle ténébreuse affaire.

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