The idiot (Iggy Pop)

 



Vous serez je pense d’accord pour convenir avec moi qu’il manquait dans ces colonnes la chronique du tout premier album d’Iggy Pop « The Idiot » commercialisé en 1977 quelques mois seulement avant le cultissime « Lust for life ».

Ex punk destroy perdu dans les affres de la dépression et de l’accoutumance à diverses drogues après la séparation des mythiques Stooges, Iggy Pop va sur ce disque trouver le secours de son ami David Bowie, producteur et principal compositeur aux cotés de l’Iguane.

Bowie ira même jusqu’à s’impliquer en tant que musicien sur les chœurs, les parties de guitares et de synthétiseurs de ce disque décisif dans la carrière jusqu’ici au point mort de l’ex ange déchu du punk.

Les deux compères s’entourent ici de plusieurs musiciens quasiment interchangeables suivant les titres avec deux guitaristes (Carlos Amar et Phil Palmer) , deux bassistes (Laurent Thibault et George Murray) et deux batteurs (Michel Santageli et Dennis Davis) .

Avec sa pochette montrant un Iggy Pop plus décharné que jamais nageant dans un costume débraillé trop grand pour lui, « The Idiot » débute par « Sister midnight ».

Le tempo traînassant, le son froid et la voix au ton quasi monocorde sont alors à des années lumières des déferlantes de lave en fusion des Stooges et annoncent la nouvelle mue musicale du reptile de Detroit.

Comme figé dans une torpeur de glace, l’auditeur enchaîne avec un « Nightclubbing » , lourd, sinistre et robotisé à l’extrême, qui contraste non sans une grande ironie avec son sujet, la fête dans les boites de nuit.

Son petit cousin, « Funtime »  poursuit dans la même lignée avec un chant dépassionné et froid posé sur une atmosphère sinistre de rock quasi industriel.

Une belle mélodie enveloppée de nappes de synthétiseurs vient brièvement éclairer cet univers glauque sur « Baby » avant que n’arrive le tube du disque : « China girl », morceau commercial dans une version ici plutôt pénible et nasillarde qui sera ensuite repris par David Bowie pour devenir un des ses plus grands hits.

Moins connu mais plus intéressant à mon goût est « Dum dum boys » long titre de plus de sept minutes porté par des riffs aériens et hypnotiques.

Ensuite, l’ambiance crooner de « Tiny girls » fait grandement retomber l’intensité avant que « Mass production », insupportable ballade agonisante ne vienne planter le dernier clou de ce disque cercueil.

En conclusion, « The Idiot » est surprenant dans le sens ou il n’a rien à voir avec « Lust for life » beaucoup plus dynamique et vivant.

Toutes les chansons de « The Idiot » semblent en effet exsangues et habitées d’une tristesse infinie.

Iggy Pop change ici radicalement sa façon de chanter pour se couler dans le moule du style de Bowie, plus ennuyeux, froid, sombre et mécanique.

Bien que je ne déteste pas les ambiances glacées et tristes, le manque de relief et de punch de ce disque s’avère pour moi au final bien rédhibitoire.

Bande son idéale pour un gros coup de cafard vécu dans la solitude, « The Idiot » ne servira vraisemblablement pas de disque d’ambiance pour animer vos soirées entre amis.

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