Le crime était presque parfait (Alfred Hitchcock)

 



Plongée dans les profondeurs du temps et place au « vrai » cinéma, celui d’Alfred Hitchcock avec « Le crime était presque parfait » réalisé en 1954.

Tiré d’une pièce de théâtre de Frederick Knott, « Le crime était presque parfait » en empreinte fortement les codes en matière d'unité de lieu puisqu'il se joue en une unique pièce.

L’histoire est on ne peut plus classique : à Londres, Tony Wendice (Ray Milland), un mari trompé décide de faire assassiner sa femme Margot Wendice (Grace Kelly) par Swan (Anthony Dawson) un ancien camarade de collège devenu criminel.

Mais alors que Tony a tout minutieusement préparé, la tentative de meurtre échoue et c’est Swan qui est tué à la place de Margot.

L’enquête commence alors, menée par le très british inspecteur Hubbard (John Williams).

Autour de cette trame en apparence simpliste, Hitchcock brouille les pistes et complexifie l’intrigue en ajoutant plusieurs dimensions à ses personnages.

Les Wendice sont des grands bourgeois qui mènent une vie aisée à Londres.

Tony est un ex champion de tennis qui a fait un mariage d’argent avec Margot, qui est elle en revanche issue d’une famille réellement fortunée.

Aussi le mobile de Tony apparaît assez trouble, passant de la jalousie à une forte cupidité.

Mark Halliday (Robert Cummings), l’amant est écrivain de romans policiers et il fréquente aussi lors de soirées mondaine.aussi le mari qu’il cocufie.

Lui aime Margot d’un amour pur, vrai et un peu naïf, mais ses capacités de déduction inhérente à sa profession en font un danger pour Tony et une bonne aide pour la police.

Margot qui est sensée mourir se retrouve doublement victime puisqu’elle devient la principale suspecte dans le meurtre de Swan que Wendice fait passer pour un maître chanteur.

En la voyant condamnée à mort, Tony pense avoir concrétisé ses rêves mais la ténacité conjuguée de Halliday et du redoutable inspecteur vont finir par enrayer la mécanique d’un crime qu’il pensait à tort parfait.

En conclusion, « Le crime était presque parfait » développe un thème cher à Hitchcock, le fantasme de la recherche d’un meurtre non élucidable permettant à son coupable de jouir orgueilleusement de son triomphe en toute impunité.

Cette thématique est déjà abordée dans « La corde » est toutefois ici moins retorse à mes yeux et le principal intérêt du film réside pour moi dans la lutte à distance entre des brillants esprits, celui de Tony d’un coté puis celui de Hubbard et d’Halliday de l’autre.

Grace Kelly est évidemment fantastique dans ce rôle.

Sa beauté me semble quasi irréelle, inhumaine voir insupportable.

Mais malgré son adultère, elle ne revêt pas l’aspect pervers, étrange ou diabolique d'heroines hitchcockiennes, le véritable « héros » du film étant pour moi Ray Milland, qui combine le machiavélisme avec la décontraction, l’assurance et la classe naturelle il est vrai parfois irritante d’un Cary Grant de second plan.

Dépouillé d’une aura psychotique ou horrifique, « Le crime était presque parfait » n’est pas pour moi le meilleur Hitchcock mais il n’en demeure pas moins un excellent divertissement pour qui est un adepte des jeux de l’esprit.

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