Le vengeur (Frederick Forsyth)

 





Ayant toujours fait preuve d’éclectisme dans ces colonnes, je vous livre à présent la chronique d’un roman d’espionnage et d’aventures : «  Le vengeur » de Frederick Forsyth.

Nous sommes donc ici en présence d’un certain genre littéraire très populaire à la Tom Clancy ou à la Robert Ludlum qui d’habitude ne m’attire pas spécialement.

L’histoire de départ de ce vengeur est relativement simple : le petit fils américain de Steve Edmond, richissime homme d’affaires est assassiné en Bosnie Herzégovine pendant la guerre civile qui ravagea ce pays dans les années 90.

Le jeune homme inscrit par idéalisme dans une ONG, a été de toute évidence assassiné par un groupe para militaire serbe commandé par un redoutable chef de guerre du nom de Zoran Zilic.

Zilic proche de Milosevic, a pourtant pu échapper au tribunal de la Haye après la guerre et s’est enfui sans avoir eu à répondre de son crime.

Edmond, ancien aviateur héros de la seconde guerre mondiale, fait appel par ses relations  à un ancien militaire de la guerre du Vietnam devenu avocat, Calvin Dexter.

Dexter appartenait à une unité d’élite secrète appelé les « Rats des tunnels » chargée d’infiltrer les inextricables réseaux de galeries souterraines construites par les soldats Nord Vietnamiens.

Mu par un puissant sens du devoir et par un douloureux deuil personnel, Dexter accepte d’aider Edmond et de ramener l’assassin de son fils aux États-Unis pour le juger.

Commence alors une longue et dense enquête entre l’ex Yougoslavie, le Surinam et Saint Martin une minuscule île perdue dans les Antilles ou se terre un Zilic surprotégé.

L’affaire va pourtant se corser et prendre une tournure plus complexe lorsque Dexter comprend que Zilic est mystérieusement protégé par la CIA, qui tient à l’utiliser pour coincer Oussama Ben Laden en personne !

Roman d’espionnage comportant son lot d’intrigues exotiques, d’action musclée, de héros 100 % américains au cœur noble épris de justice, de fidélité à une indéfectible amitié virile, luttant contre des méchants mercenaires yougoslaves ou sud américains, «  Le vengeur » est assez caricatural, versant en outre de manière assez désagréable dans le fantasme de toute puissance des Etats-Unis capables de frapper n'importe qui n'importe ou n'importe quand.

Passionné de politique internationale et de géo stratégie, Forsyth décrit de manière précise le monde des agents secrets qu’il semble bien connaître et qui je suppose fascine un bon nombre de personnes en raison de sa mystérieuse opacité.

Pourtant à l’arrivée, malgré son intrigue bien ficelée et un important travail documentaire historique, son roman ne parvient jamais à réellement surprendre et à sortir des sentiers battus d’un style trop balisé.

Trop viscéralement américain pour moi sans doute.




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