Raw power (The stooges)

 



En 1973, après deux premiers albums faisant l’effet de bombes à fragmentation, des performances scéniques mémorables et s’être fait virés de leur première maison de disque en raison de leur caractère incontrôlable, The stooges trouvent un allié de choix en la personne de David Bowie qui accepte de produire leur nouvel album le bien nommé « Raw power » .

Cette fois ci Ron Asheton troque sa guitare contre la basse et c’est James Williamson qui le remplace et qui sera crédité de toutes les compositions aux cotés d’Iggy Pop.

« Raw power » débute par « Search and destroy » qui tel un train fou lancé à pleine vapeur, déchaîne un ouragan de à base de fer et de feu.

Le tempo est ultra rapide, les guitares puissantes et acérées, le chant d’Iggy Pop vibrant d’intensité en permanence au bord de l’explosion.

Le résultat est purement monstrueux.

Superbe power ballade alternant passage doux et furieux, « Gimme danger » prend tout le monde à revers et bluffe par sa maîtrise.

Le groupe repasse la surmultipliée avec « Your pretty face is going to hell », ultra rapide, agressif, méchant et vicieux.

On pense à une impasse mal éclairée ou un junky hagard et décharné nous menacerait avec un tesson de bouteille ou une seringue tant ce titre suinte la violence et la haine.

L’alternance se poursuit avec le faussement doucereux « Pénétration », terriblement sombre, glauque et obsédant.

Renouant avec les tempo rapides et puissant « Raw power » est une nouvelle salve atomique avec un impact toutefois moindre que ses prédécesseurs.

Véritable fausse ballade, « I need somebody » est un monument de blues malsain et poisseux vampirisé par un Iggy Pop plus grinçant que jamais.

Lui succédant « Shake appeal » est un boogie balançant tout en conservant un punch et une agressivité prodigieuses.

Le très sinistre « Death trip » termine en force ce disque impressionnant.

En conclusion, avec ses 34 petites minutes, « Raw power » est l’un des disques les plus violents et les plus intenses de l’histoire du rock.

Tout n’est ici que déferlement de violence, de puissance brute, d’énergie animale ne demandant qu’a exploser à la face d’un auditeur ne s’attendant certainement pas à subir pareil choc.

Le son particulièrement dur, crade et métallique trouve ici un formidable écho dans le chant hyper agressif et souvent à la limite du déraillement d’un Iggy Pop galvanisé par le souffle de la jeunesse et par les effets des multiples drogues qu’il prenait à l’époque.

Disque de voyous camés, agressifs et menaçants, « Raw power » se révèle particulièrement éprouvant par sa puissance frontale et son nihilisme exacerbé qui viennent heurter par vagues les fragiles oreilles d’un auditeur frappé de stupeur.

Inutile de chercher davantage, jamais le rock et le punk, ne parvinrent à égaler ce disque unique et définitif.

« Raw power » clora donc l’une des trilogies les plus fameuses du rock et sera le chant du cygne d’un groupe qui incapable de garder plus longtemps sa cohésion, explosera peu après sa sortie.

Reste après le mythe, et l’impact sur les générations futures.

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