L'empire des rats (James Herbert)

 



« L’empire des rats » de James Herbert est le troisième volet d’une trilogie mêlant anticipation et horreur.

Écrit dans les années 80, ce livre met en scène un thème récurrent de cette époque de guerre froide : l’annihilation de la civilisation après une guerre nucléaire.

Ici la cible est Londres et rapidement la catastrophe saisit la capitale britannique, laissant une poignée de survivant choqués et terrifiés chercher refuge dans des abri sous terrains, de simples caves ou tunnels de métro.

Le seul problème est que en plus des difficultés concernant la simple subsistance dans un environnement hostile et radioactif, les survivants se trouvent aux prises avec de redoutables rats aussi grands que des chiens.

Ces rats sont issus apparemment une espèce mutante, élevée artificiellement dans des laboratoires, et dont l’agressivité à l’égard de leur homme serait portée à son maximum.

Deux hommes se trouvent liés par le destin, Dealey qui travaille pour le ministère de la défense et qui connaissant donc les emplacements des abri anti atomiques est une aide précieuse dans ce monde chaotique et Culver, ex pilote d’hélicoptère, qu’on peut considérer comme le personnage principal du roman.

Ce duo atypique va rejoindre un abri sous terrain ou vit un groupe de survivants composés majoritairement d’ingénieurs travaillant également pour le gouvernement.

Au cours du récit Culver va rencontrer une jeune femme Kate qu’il va prendre en affection.
Le groupe va très vite se rendre compte de la menace que représente l’invasion des rats, qui dévoreront la plupart des survivants.

Le roman d’Herbert relate donc cette féroce lutte pour la survie entre deux espèces concurrentes depuis la nuit des temps avec cette fois un rapport de force largement en faveurs de monstrueux prédateurs organisés en meutes grouillantes, déterminés et intelligentes.

Herbert exploite la profonde répulsion qu’inspirent les rats pour l’homme afin de distiller un climat d’horreur pure et un suspens haletant qui prend littéralement aux tripes du début à la fin.
Bien souvent, le destin des personnages sera tragique comme si l’auteur prenait un malin plaisir à faire massacrer des gens avec lesquels le lecteur pouvait entrer en empathie.

 L’aspect science fiction est légèrement abordé par le curieux mécanisme de communication entre les rats noirs commandés par une sorte de Reine Mère, génératrice de portées d’horribles rats mutants.

Mais plus que l’horreur pure et le rythme soutenu, « L’empire des rats » décrit de manière habile la terrible régression que subirait l’espèce humaine si elle venait à subir une attaque nucléaire, ce qui la lasserait bien vulnérable et démunie.

Pour toutes ces raisons, malgré sa portée relativement courte et son originalité restreinte, « L’empire des rats » est un roman efficace qui atteint pleinement ses buts principaux : effrayer et tenir en haleine.

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