Zombie birdhouse (Iggy Pop)

 



Comme je l’ai déjà dit en ces colonnes, le Iggy Pop des années 80 a vécu une longue traversée du désert et tenté maladroitement de se raccrocher à la vague new wave qui déferlait à l’époque.

Sorti en 1982, « Zombie birdhouse » incarne bien les difficultés de l’Iguane à l’époque, perdu en plein errements artistiques et bien loin du rock instinctif qui contribua à sa légende.

En témoignent sur cet album les incessants changement de musiciens qui l’assistent, Ivan Kral étant remplacé par Rob Du Prey qui assure lui seul les guitares/claviers.

Dans cette complète entreprise de rénovation on retrouve l’ex guitariste de Blondie Chris Stein à la basse et Clem Burke à la batterie à la place de respectivement Michael Page et Douglas Bowne.

Avec sa pochette étrange représentant un Iggy Pop semblant complètement égaré dans un pays africain, « Zombie birdouse » débute avec « Run like a villain », qui malgré un beat robotique assez horrible, se montre plutôt nerveux et incisif.

Sans être particulièrement mauvais ou raté, « The villagers » s’enfonce dans une new wave finalement bien quelconque.

Sur la soupe quasi informe de « Angry hills » Iggy chante par instant presque mal, montrant ses limites en voulant forcer dans les aigus.

Le niveau est relevé avec « Life of work » , au rythme intense et obsédant mais retombe mollement sur le nasillard et poussif  « The ballad of Cookie McBride »  avant de couler à pic lesté par la ballade atone « Ordinary bummer ».

Le Iggy Pop plus instinctif et sauvage resurgit briévement de sa cage sur « Eat or be eaten » et « Bulldozer » qui si ils ne se détachent par de ce son new wave étouffé montrent tout de même des tempéraments plus combatifs.

Pas grand chose à dire au sujet de « Platonic » gentillette ballade qui contraste avec « The horse song » plus en rapport malgré d’affreux sons de claviers avec le talent de songwritter du Pope du Punk.

Le cauchemar se poursuit sur l’atroce « Watching the news » insupportable délire expérimental sans queue ni tête et sur le pseudo tribal « Street crazies » ou Iggy Pop grogne comme un junky ou un alcoolo en manque.

Le bonus « Pain and suffering » justifie amplement son titre dans la douleur qu’il inflige à son auditeur avec ses braillements de robot rouillé.

En conclusion, ce « Zombie birdhouse » aussi cauchemardesque qu’un film de zombies, est sans nul doute l’un des pires albums d’Iggy Pop.

Sous produit, amputé de tout riff et de feeling rock’n’roll, dévasté par un son new wave froid et cheap, « Zombie birdhouse » est un naufrage complet que les deux ou trois titres corrects qu'il contient ne peuvent sauver.

Iggy Pop que pourtant je vénère au plus au point, réussit même le tour de force de m’horripiler en massacrant certaines de ses lignes de chant.

A ranger dans la liste noire des albums maudits du Reptile, aux cotés de l’abominable « Blah-Blah-Blah » qui viendra toucher le fond quatre ans après en ajoutant une dimension pop commerciale à ce son new wave du pauvre.

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