Avatar (James Cameron)

Sorti en fin d’année 2009, « Avatar » de James Cameron le film le plus coûteux de l’histoire du cinéma avec un budget estimé à 500 millions de dollars (publicité comprise).
Avec de tels moyens et un réalisateur aussi renommé, on pouvait donc s’attendre à un véritable feu d’artifices d’effets spéciaux mettant en exergue le renouveau de l’imagerie en trois dimensions.
De ce point de vue, « Avatar » est ses lunettes prêtées à chaque début de séance ne décevaient pas les attentes du spectateur tant le résultat dépasse toutes les espérances.
Le film en lui même ? Hmm le personnage central est Jake Sully (Sam Worthington), ancien marine tétraplégique, choisi en raison de son code génétique similaire à son défunt frère pour mener une expérience d’infiltration sur une lointaine planète nommée Pandora.
Pandora dispose d’une faune et d’une flore luxuriantes avec de gigantesques forets peuplées d’une remarquable bio diversité.
Les humains s’intéressent à elle en raison de ses formidables ressources en minerais et ont déployé d’énormes moyens pour l’en extraire comme ces gigantesques bulldozers et foreuses épaulés par d’impressionnants moyens militaires afin de mater les populations indigènes nommé Na’vi.
Les Na’vi sont de grands et élancés humanoïdes à la peau bleue, aux yeux de chats et aux oreilles à la Spock.
Leur niveau de civilisation assez primitif ressemble de loin à celui des anciens Indiens d’Amérique mais leur connaissance de la jungle et leur culture guerrière en font de redoutables combattants même pour des Marines suréquipés.
Les humains ont imaginés un programme d’infiltration des Na’vi en créant des avatars mélangeant leur ADN avec ceux des Na'vi, ces avatars étant contrôlés à distance depuis des caissons par les humains dont le code génétique a été croisé.
L'exprience que va donc mener Jake ressemble donc à une version de Second Life dans un univers sauvage et exotique.
Aidé par des scientifiques de premier plan comme le Docteur Augustine (Sigourney Weaver), l’avatar de Jake s’enfonce dans la jungle et approche la tribu des Na’vi.
Ceux ci lui proposent de passer par des rites initiatiques pour mériter sa place parmi eux.
Jake suit les enseignements de Neytiri (Zoe Saldana) , fille de la grande prétresse Eyetukan et du chef du clan.
Petit à petit, l’avatar de Jake va se familiariser avec la culture Na’vi et va finir par épouser leur cause en se rebellant contre le traitement que les humains comptent leur faire subir en les expulsant par la force.
La morale de l’histoire semblera donc assez puérile et pleine de bons sentiments, avec en toile de fond une condamnation de l’attitude colonisatrice et impérialiste américaine que ce soit avec les Indiens d’Amérique ou bien les Irakiens.
L’intention paraîtra certes des plus louables, cependant on peut  fort douter que les patrons des grands groupes occidentaux, russes ou chinois qui exploitent les ressources du tiers monde en jouant sur la corruption de ses dirigeants y soient très sensibles.
Le film ne vaut donc que par son inventivité, ses scènes d’ action bien rythmées et sa maestria technologique.
L’univers que crée Cameron n’est cependant pas révolutionnaire et paraîtra beaucoup moins riche que celui d’un George Lucas ou d'un Peter Jackson.
Les Na’vi sont des primitifs vivant en harmonie avec la nature et combattant avec arc et flèches contre des marines arrogants et stupides armés de robots de combats, d’hélicoptères et de fusils tout ce qu’il y a de plus actuels ce qui pour un futur réputé lointain semble assez peu audacieux.
La trame est donc plutôt simpliste entre vilains conquérants sans morale basant leurs forces sur la  technologie et gentils sauvages proche de la nature.
Les seules véritables trouvailles esthétiques concernent donc le développement de la faune et de la flore de Pandora, avec ses triceratops à tête de requin marteau, ses meutes de loups mutants, ses panthères reptiles géantes et ses oiseaux lézards fidèles à un seul Na’vi.
Les plantes sont également magnifiques telles ces graines volantes et ses branchages issues de l’arbre sacré du peuple Na’vi.
« Avatar » est donc un film à voir au cinéma pour bénéficier de l’effet 3D mais qui dépouillé de ses qualités visuelles et de ses scènes de combats épiques dignes d’un space opera, n’aura pas je pense la portée d’un Star Wars ou d’un Seigneur des Anneaux.


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