A small deadly space (Fight)

 



Deuxième effort du groupe Fight,  projet solo de Rob Halford, « A small deadly space » ayant vu le jour en 1995, se montre en réalité quelque peu décevant par rapport à son glorieux prédécesseur sorti deux ans auparavant.

On peut même affirmer sans crainte que le deuxième album de Fight est l’un des disques les plus faibles produit par Rob Halford au cours de sa longue et prolifique carrière.

Pour autant si cet album est moins inspiré par rapport au niveau moyen régulièrement atteint par l’ex Metal God, il  demeure dans l’absolu tout à fait honorable.

« I am alive » au rythme lent, lancinant , contre balancé par un refrain plus mélodique ouvre de manière fort convaincante cet album.

Le son est toujours dur et lourd, l’atmosphère plus torturée, dérangeante, suffocante et douloureuse que sur le premier album.

Cette impression s’accentue sur « Mouthpiece » , plusieurs crans en dessous de son prédécesseur, qui peine à prendre son envol.

« Legacy of hate » en revanche porté par une rythmique plus rapide et un refrain charismatique scandé, produit une meilleure impression.

« Blowout in the radio room » s’avère plus faible avec son ambiance moins intense.

Le premier chef d’œuvre de ce disque arrive avec « Never again » , avec un Rob Halford qui pose des lignes vocales hallucinantes de beauté aérienne sur un riff apparemment sans grande originalité.

Le refrain chanté également dans des tonalités aiguës confine au divin.

Plus inquiétant et étouffant, « A small deadly space » me plait également avec son refrain rampant à travers une jungle de sons métalliques.

« Gretna Greene » est également un morceau étrange et déroutant, pas désagréable avec son atmosphère noire et son tempo rapide.

« Beneath the violence » parait en revanche moins inspiré, englué dans une rythmique ultra massive et poussive.

Deuxième chef d’œuvre de ce disque, « Human crate » est un morceau irrésistible, d’une force absolue, porté par le chant en airain d’un Rob Halford en état de grâce.

L’album se termine sur une longue ballade mélancolique de plus de 7 minutes, avec une large partie  jouée au piano.

Celle ci a pour effet d’aérer enfin un album au son d’une lourdeur difficilement égalable.

Malgré deux merveilles vestiges du talent exceptionnel de Rob Halford, « A small deadly space » est un album moins varié et riche que « War of words », et tout simplement moins inspiré.

Le son, monolithique, ultra massif et métallique, les riffs peu originaux contribuent à créer une certaine uniformité d’ensemble.

Cependant l’amateur d’atmosphères confinées et torturées pourra trouver un vif plaisir dans ce disque.

Fight termine donc son éphémère carrière avec cet album en demi teinte.

Par la suite, Halford ira explorer des terres encore plus lointaines …

Mon seul regret personnel, est de ne pas avoir pu voir le groupe sur scène lors de sa tournée en France en 1994.

Je pense que le spectacle du Metal God se déchaînant sur une petite scène avec les jeunes loups rameutés autour de son auguste personne m'aurait marqué à vie.

Mais la destinée en aura décidé autrement...

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