Killer (Alice Cooper)

 



Dans les années 70, un nouveau concept de musique apparaît avec Alice Cooper.

Ce groupe américain invente sous l’impulsion de son leader Vincent Fournier, le « shock rock » développant autour d’un rock durci une imagerie théâtrale, choquante, horrifique et macabre.

Les sulfureuses performances scéniques du groupe centrées sur les frasques du chanteur maquillé, déguisé, blafard, utilisant guillotines, potences, chaises électriques, sabres, serpents et bébés en plastique font alors rapidement connaître le nom d’Alice Cooper auprès des publics du monde entier.

Composé outre de Monsieur Fournier, des guitaristes Glen Buxton et Michael Bruce, le bassiste Dennis Dunaway du batteur Neal Smith, Alice Cooper sort « Killer » son second album durant durant la même année (1971).

Comme le montre sa belle pochette reptilienne, « Killer » est un disque au son beaucoup plus dur et violent que tout ce qui se fait l'époque.

Ouvrant l’album, « Under my wheels »  morceau simple, doté d’un son de guitare agressif (pour l’époque)  et d’un refrain immédiatement mémorisable est sans doute le morceau idéal pour marquer les esprits.

Pourtant ce titre resté un classique d’Alice Cooper et encore joué sur scène aujourd’hui, m’a toujours semblé peu original.

Changement radical d’ambiance avec « Be my lover », ballade terriblement faiblarde  ennuyeuse aux chœurs assez ridicules.

« Halo of flies » de plus de 8 minutes à la structure complexe,  aux multiples et originales variations musicales est une superbe réussite montrant un groupe ambitieux et inspiré.

« Desperado » qui lui succède est plus linéaire et poussif.

« You drive me nervous » est dans la même veine simple, efficace et nerveuse qu’un « Under my wheels » .

« Yeah, yeah, yeah » très rock et basique me plait moins.

« Dead Babies » est pour moi le titre phare de ce disque.

Ce long morceau instaurant tout d’abord une atmosphère ténébreuse, faussement douce et inquiétante  est contre balancé par un refrain puissant et terriblement accrocheur lui conférant un statut d’hymne.

Autre excellente trouvaille, « Killer » est une sorte de  long cauchemar étrange, glauque qui achève l’album sur une mélodie d’orgue particulièrement sinistre.

En conclusion « Killer » est un album à mes yeux très inégal ou le très bon voir l’excellent côtoie le plus commun comme si Alice Cooper avait voulu trouver un équilibre entre musique ambitieuse, fantastiquement originale et ses influences rock plus accessibles susceptibles de faire mouche auprès d’un grand public friand de « singles »  à la « I’m eighteen ».

J’ai été également gêné par la production de l’époque qui sonnait assez datée, ce qui confère à ce disque un coté presque préhistorique.

Sans oublier l'aspect historique et novateur de « Killer » pour son époque, ce disque m’apparaît au final dans l’absolu globalement plutôt moyen.

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