Devil's playground (Billy Idol)

 



Je croyais Billy Idol mort et enterré au sens artistique et pratiquement au sens physique aussi quelle ne fut pas ma surprise quand en 2005, je le vis chez Thierry Ardisson faire la promotion d’un nouvel album intitulé « Devil’s playground ».

Comme à son habitude Billy fanfaronnait, mais on sentait derrière l’assurance de façade toutes les épreuves par lesquelles il était passé, son grave accident de moto, son overdose et sans doute la longue période de doute qui a du s’emparer de lui après sa traversée du désert dans les années 90.

Quelques années après j’ai donc écouté cet album avec je dois l’avouer quelques appréhensions quand au résultat.

Ces appréhensions ont bien vite été balayées, « Super overdrive » déboule à fond les ballons, tempo rapide, son énorme, riffs punk, énergie fantastique et un Billy Idol plus conquérant vocalement que jamais.

Il est vrai que Steve Stevens, le génial guitariste, frère de son de Billy est revenu aider son vieil ami, les autres membres de l’équipe étant Brian Tichy à la batterie, Stephen Mc Grath à la basse et Derek Sherinian aux claviers.

« World comin’ down » très rapide, puissant et plaisant, continue sur cette lancée frontale et bille en tête comme si Billy voulait nous rassurer sur son état de santé par de vigoureux morceaux …

« Rat race » est sans doute encore plus intéressant par ces variations, les couplets mélodiques sur fond de guitare acoustique alternant en effet avec un refrain encore une fois extrêmement musclé.

Plus axé rock généraliste « Sherri » n’en  pas moins énergique bien que tempéré par un refrain plus doux.

« Plastic Jesus » qui lui succède est une ballade sympathoche que je trouve plutôt moyenne.

Retour aux riffs titanesque avec « Scream », meilleur morceau de l’album, véritable hymne de rock métallique survitaminé avec un Billy Idol transfiguré en dieu du rock crépitant d’ondes vibratoire à forte intensité.

« Scream » est tout à fait le genre de morceau à se passer en boucle le matin pour démarrer une journée sur les chapeaux de roues.

Encore une fois la symbiose avec Steve Stevens semble totale.

« Yellin’ at christmas tree » en revanche est le pire titre du disque, avec notamment un son de clochettes de Noël assez lourdingue.

Billy Idol en gentil Papa Noël, l’idée est je trouve plutôt ridicule.

Heureusement ce ne sera qu’un incident de parcours, « Roméo’s waiting » redonnant le pouvoir à un son rock extrêmement fluide et puissant.

Troisième bombe atomique du disque, « Body snatcher » est une gifle heavy d’une puissance sans égal et un bonheur pour tout amateur de musique accrocheuse.

La fin de l’album sera plus calme mais non moins réussie.

« Evil eye » est très surprenant, très rock mais avec une ambiance presque mystique assez inhabituelle pour du Billy Idol qui chante ici avec une légère déformation électronique de sa voix.

Très belle réussite dans le domaine de l’étrange et de l’experimentation.

« Lady do or die » superbe ballade, country et western, fait accéder ce disque à une dimension d’émotion et de classe supérieure.

Ce titre est donc l’occasion de vérifier toute l’étendue du talent de Billy.

« Chérie » est aussi une ballade acoustique qu’on pourrait qualifier d’excellente.

« Summer running » troisième ballade de rang achève le disque sur une note douce et apaisante comme si le rebelle avait soldé tous ses comptes.

Il pourrait paraître un peu cliché de parler de rédemption et de renaissance sur « Devil’s playground » mais en réalité c’est exactement l’impression que ce disque donne.

Le disque est globalement très bon voir excellent, si on excepte une ou deux petites scories sans importance.

Billy Idol s’offre ici un son très moderne, à la fois puissant et fluide.

Sa voix de grand fauve blessé, toujours aussi implacable et irrésistible, paraît toujours être capable de renverser des montagnes quand elle se couple aux riffs dévastateurs de Steve Stevens.

Le niveau des compositions est très haut, alternant véritables électrocutions guitaristiques conduites au punk et au metal lourd, et ballades intimistes très travaillées, complexe et abouties.

Il semblerait qu’après avoir traversé toutes ces épreuves douloureuse et tutoyé les affres de la Mort, Billy Idol ait gagné en profondeur, s’affirmant encore plus comme artiste complet.

Gueule cassée, visage marqué, corps meurtri couturé de cicatrice mais encore vaillant, le vieux lion britannique fut encore capable de rugir férocement en 2005.

Il serait foncièrement injuste de passer à coté de pareille renaissance.

Saluons donc la performance d’un grand artiste du rock.

Billy on t’aime !

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