Telluric Chaos (The Stooges)

 



« Telluric Chaos » est un album live des Stooges enregistré en 2005 à Tokyo pour célébrer leur tournée de reformation.

La groupe était composé pour l’occasion d’Iggy Pop au chant, des frères Asheton, Ron à la guitare, Scott à la batterie, de Mike Watt à la basse et de Steven Mc Kay au saxophone.

Bien que non fan d’album live à la base, je me devais d’écouter ce disque ne serait ce que par respect pour les performances volcaniques d’Iggy Pop sur scène..

Je ne connais pas la contenance exacte du Shibuya Axe de Tokyo, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un petit club mais pourtant ce disque donne une grande impression chaleur, de proximité avec le public qu'on entend manifester et participer activement ce qui n'est pas toujours le cas dans des albums live surproduits.

Le son de la guitare infernale de Ron Asheton est ici prodigieusement fluide et intense.

Que ce soit sur le très dynamique « Loose », les fiévreux  « Down on the street » ou « TV Eyes », la musique proposée évoque ni plus ni moins qu'un séisme accompagné d'écoulement de torrents de lave en fusion donc je trouve le titre évoquant un chaos élémentaire parfaitement approprié.
Riffs anthologiques, solos atomiques couplés à un Iggy Pop galvanisé aussi sauvage que dominateur nous font prendre un plaisir libérateur et vivre une jouissance animale quasi primitive.
On nourrit avidement son corps et son esprit de ces flots d'énergie brute comme un malade accroché à sa perfusion de morphine tout en priant pour que cela ne s'arrête jamais.
Les Stooges n’oublient pas leurs classiques, ces morceaux de rock punk immortels comme "I wanna be your dog" et "No fun" interprétés avec rage et envie.
Si ce n'est pas cela l'extase rocknrollienne alors je ne sais pas ce que c'est ....

Passé les 3/4 du disque pourtant, les Stooges embrayent sur le répertoire de l'Iguane en interprétant des titres de son dernier album de l'époque "Skull Ring".
Ces morceaux sont loin d'être mauvais mais provoquent une rupture avec le répertoire originel Stoogien.
Il faut dire que prêt de 25 ans les séparent.
A mes yeux ils leur manquent le coté instinctif, destructeur et purement "evil" des premières bombes incendiaires du gang lorsque celui ci dos au mur n'avait rien à perdre.

Je n’aime pas non plus l’emploi quasi systématique d’un saxophone sauf sur « My idea of fun » nouveau morceau inédit plutôt réussi.
Ceci conduit donc à une petite baisse de régime sur la fin du cet album qui aurait pu être un album de légende vu l'exceptionnel gifle du début.
Mais la bonne nouvelle c'est qu'en 2005, les Stooges assuraient encore sacrément bien.
Ne cherchez plus, le VRAI rock, charnel, sauvage, dangereux, c'est sur ce genre de disque que vous le trouverez mais bien entendu le véritable must résidait dans le fait de les voir en réel sur scène, l’expérience se révélant souvent marquante au fer au rouge !


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