Dans les forets de Sibérie (Safy Nebbou)


 

En 2016, Safy Nebbou adapte au cinéma le roman de Sylvain Tesson, « Dans les forets de Sibérie ».

Teddy (Raphael Personnaz) un jeune français en remise en question personnelle profonde, délaisse sa vie parisienne pour s’exiler dans une cabane perdue avoisinant le Lac Baïkal dans l’immensité de la taïga russe.

Après un premier contact avec les locaux, Teddy achète la cabane dans laquelle il est censé habiter et hérite d’un fusil pour se défendre contre les ours ou chasser.

Peu à l’aise, il fait alors ses premiers pas de Robinson volontaire, se calfeutrant prêt du poêle à bois pour se protéger du vent et du froid parfois mortels dans cette région.

Ses uniques compagnons sont les livres et la vodka…mais aussi un ours qui lui fait une belle frayeur et l’oblige à se calfeutrer nu dans sa banya en le laissant dévorer ses provisions.

Maladroit à la chasse au cerf, Teddy est contraint de faire 5 heures de patin sur le lac glacé pour racheter des provisions auprès des gardes forestiers du coin qui lui apprennent qu’un homme s’est également caché dans la région pendant des années pour fuir un crime qu’il avait commis à Irkoutsk.

A son retour chez lui, une violente tempête l’oblige à rester cloitré chez lui mais une sortie obligatoire dehors pour aller chercher du bois se transforme en calvaire.

Piégé par le blizzard, Teddy chute lourdement sur la glace et perd connaissance.

Il est sauvé de la mort par un russe, un braconnier qui se masque le visage pour ne pas être reconnu.

L’homme lui apprend à tirer au fusil et lui prodigue des conseils de survie.

Peu à peu la confiance le gagne et il lui révèle son nom Aleksei (Evgueni Sidikhine).

Les deux hommes chassent le cerf ensemble et se trouve également piégés dans une tempête de neige en traquant un ours blessé au cours d’une chasse à l’hélicoptère.

Sentant la mort arriver dans la grotte ou ils ont trouvé refuge, ils prient… mais surtout Aleksei livre ses secrets : il est bien le criminel ayant tué un ancien supérieur de l’armée à Irkoutsk et étant en cavale depuis douze ans.

Les deux hommes survivent et scellent leur amitié à la vodka.

L’incursion de chasseurs faisant une halte chez Teddy provoque un instant de stress, mais les hommes ne trouvent pas Aleksei qui avait été contraint de se cacher dehors.

Malade, le vieux russe tente de se soigner seul mais finit par se résigner à laisser Teddy aller à Irkoutsk pour lui trouver des médicaments.

Teddy lui promet de revenir et qu’il finira sa vie auprès de sa famille après que son crime soit prescrit.

Après des adieux émouvants, Teddy trouve les médicaments à Irkoutsk  en soudoyant un médecin et se rend à la gare pour se faire traduire une lettre que lui a remis Aleksei, mais à sa grande surprise il découvre que la lettre lui était destiné avec une injonction à rentrer chez lui auprès des siens en délaissant cet endroit inhospitalier.

A son retour, Teddy découvre Aleksei mort et obéissant à ses dernières volontés jette son corps dans le lac.

Lorsque la fonte des glace a lieu, provoquant d’énorme craquements et une autre vision du lac se transformant en mer intérieure baignée de soleil, Teddy fait ses valises et laisse sa cabane…

En conclusion, « Dans les forets de Sibérie » est un film extraordinaire qui surclasse de la tête et les épaules le livre de Tesson.

Prenant ses distances avec l’ouvrage de base très contemplatif et centrée sur la vie intérieure de l’auteur, Nebbou réalise une œuvre personnelle plus dynamique mettant en lumière une belle rencontre entre deux âmes brisées et solitaires, l’ermite français et l’ancien criminel russe.

Epuré, visuellement superbe comme la nature russe et ses rudes montagnards au grand coeur, « Dans les forets de Sibérie » est également servi par des acteurs hors du commun.

Ne cherchez plus le film français de l’année, « Dans les forets de Sibérie » est une œuvre culte infiniment supérieure au très surestimé « Into the wild » de Sean Penn !

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