III (Van Halen)

 

On saute plusieurs décennies dans la carrière de Van Halen et on se retrouve en 1998 avec la sortie de « III » qui a la particularité notable d’être le premier avec le chanteur Gary Cherone en remplacement de Sammy Hagar qui avait brillamment tenu la baraque depuis le départ au début des années 80 de Roth.

Avec sa belle pochette d’homme encaissant un boulot de canon dans le ventre (!), « III » commence par une placide introduction instrumentale « Neworld » pour lancer le premier véritable morceau « Without you » doté d’une bonne énergie rock et d’une bonne dynamique sur laquelle la voix rauque de Cherone se greffe admirablement bien.

On enchaine sur « One I want » au tempo puissant mais un peu trop heurté.

Les choses se calment ensuite sur « From afar » aux refrains adoucis contrastant avec le timbre particulièrement rugueux du chanteur puis s’améliorent franchement sur « Dirty water dog » ou le bon dosage semble être trouvé entre guitare/synthétiseurs et refrains bien huilés sur lesquels Cherone trouve enfin ses marques.

Van Halen pousse davantage le coté mélodique avec « Once » première authentique ballade du disque, correctement exécutée sans bouleverser outre mesure.

On revient à du plus rugueux sur « Fire in the hole » mid tempo hard rock efficace, avant de repousser encore plus les loin les limites des ballades avec « Josephina » beau morceau acoustique, sur lequel Cherone arrive à faire passer toute l’émotion nécessaire ou « Year of the day » un peu plus difficile à digérer sur ses plus de huit minutes.

Un court instrumental « Primary » pour se remettre et on attaque la dernière ligne droite du disque, décomposée en deux parties, « Ballot or the bullet » musclé mais manquant de cohérence et une énième ballade « How many say I » avec piano mollasson et chant larmoyant.

En conclusion, honni des fans purs et durs du groupe pour des raisons évidentes, « III » n’est pas un album détestable mais un album de hard rock trapu, abusant de ballades à rallonges globalement assez peu convaincantes.

L’intégration de Cherone est en effet plus compliquée que prévu, tant sa voix dure et éraillée se montre encore plus difficile à canaliser au sein de Van Halen que celle de Hagar et pour ne rien arranger, l’inspiration des autres musiciens (ou es tu Eddy ?) ne parait pas être à son meilleur niveau.

Après « III », Van Halen connut une longue éclipse de près de 14 ans, autant dire une plongée dans un gouffre.

Autant dire que cet album pompeux qui connut un grand échec commercial, fit aussi mal aux Californiens qu'un coup de boulet dans le gras du bide...

Ceci demeure à mon sens certainement exagéré.

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