Retour à Duncan's creek (Nicolas Zeimet)

 



Déjà auteur d’un joli succès d’estime avec « Seuls les vautours », Nicolas Zeimet poursuit sa route en 2017 avec « Retour à Duncan’s creek ».

L’histoire alternant allers et retours dans le passé et le présent, a pour personnage principal Jake Dickinson, un écrivain dans le creux de la vague qui accomplit un long périple en voiture depuis Los Angeles jusqu’à une petite ville d’Utah dans laquelle il a grandi.

Seul et abattu, Jake transporte avec lui les cendres de son amie d’enfance Sam Baldwin.

Tout le déroulé du roman consiste donc à comprendre comment Sam a connu cette triste fin et surtout pourquoi Jake accomplit se retour aux sources douloureux.

En plongeant dans les années 80 on comprend que Sam, enfant battue régulièrement violée par son père, l’a finalement tué à coups de batte de base-ball un soir d’Halloween.

Témoins du meurtre, Jake et Ben, les meilleurs amis de Sam, la couvriront pour plaider la légitime défense.

Mais le poids d’un parricide est lourd à porter dans un petit village de l’Utah et Sam très mal à l’aise va devoir quitter les lieux, surtout après les lettres menaçantes d’un mystérieux corbeau.

En taillant la route à travers l’Ouest, Jake revit donc les moments forts de sa relation avec Sam mais surtout sa lente descente aux Enfers qui la mènera jusqu’aux clubs miteux puis aux trottoirs de LA.

Devenue droguée et prostituée, Sam finira par mourir d’overdose dans les bras de son maquereau dans le quartier infernal de Skid row.

Jake qui la rencontrera à plusieurs reprises ne pourra rien faire pour l’arracher à cette spirale infernale.

Le voyage à Duncan’s creek est pour lui l’occasion de boucler la boucle en faisant comprendre à Ben qu’il a découvert ses aveux dans une cassette enterrée à l’époque sous un arbre.

En conclusion, « Retour à Duncan’s creek » est un roman douloureux plongeant dans les entrailles du passé, de trois jeunes paumés de l’Utah partageant un secret trop lourd pour eux.

Amoureux de la fascinante Sam, le narrateur trahit son désarroi face à son impuissance à la sortir de cette folle spirale d’autodestruction.

Faux polar mais vrai road movie aux références nostalgiques aux années 80, « Retour à Duncan’s creek » s’est montré trop prévisible et cafardeux pour pleinement me séduire.

Commentaires