Sans filet (Boris Becker)

 



Encouragé par la très bonne biographie d’André Agassi, j’ai récidivé avec « Sans filet » celle sortie en 2004 du champion de tennis allemand des années 80 Boris Becker.

A l’arrivée semi déception, car la vie et la personnalité de Becker champion certes exceptionnel vainqueur de six titres du grand chelem, de deux coupe davis et de quarante neuf tournois, ne sont pas aussi extraordinaires et attachantes que celles d’Agassi.

Joueur surpuissant, premier capable de servir à plus de 200km/h, Becker est issu d’une famille aisée de Leimen, petite ville d’Allemagne.

Enfance tranquille, inculcation des valeurs qu’on pourrait qualifier de « germaniques », sens de la justice, de l’honnêteté, du travail, de la ponctualité et goût de l’effort physique qui le pousse à pratiquer le football et le tennis.

Repéré très tôt par le manager roumain Ion Tiriac, Boris quitte à 14 ans son foyer pour tenter une carrière professionnelle.

Le destin vient frapper à la porte du jeune allemand qui remporte à 17 ans le prestigieux tournoi de Wimbledon 1985 en battant le sud africain Kevin Curren.

Alors enfant, je me souviens avoir suivi à la radio l’un des plus incroyables exploits de l’histoire du sport, ou un adolescent remportait l’un des tournois les plus mythiques par la grâce d’un service phénoménal encore jamais vu auparavant.

Surnommé « Boum-Boum » , le jeune homme voit alors sa vie complètement vaciller.

Il devient une personnalité publique, désirée, recherchée, adulée ou détestée.

Quand Becker réédite son exploit en 1986 en battant Ivan Lendl alors numéro un et tsar du tennis mondial, il est alors reconnu comme un véritable champion à part entière.

Tiriac gère les contrats et les sommes d’argent colossales que lui rapporte sa poule aux œuf d’or et le fait déménager prêt du palais princier de Monaco.

Las bas le jeune homme vit la vie de milliardaire et côtoie le gratin de la jet set.

C’est le coté mondain de l’allemand qui m’a le moins passionné dans le livre, tout comme ses opinions politiques de gauches assez lénifiantes en faveur des pauvres, contre le racisme, ainsi que son admiration béate devant Nelson Mandela et Mohamed Ali.

Becker aime à montrer qu’il est un sportif intelligent, qui lit des livres, pense et a des opinions politiques.

Mais sa vie a surtout été celle d’un enfant surdoué évoluant dans un milieu de milliardaire ultra privilégié.

Difficile aussi de se passionner pour ses démêlés avec le fisc allemand, qui l’ont tout de même conduit à une condamnation à de la prison avec sursis.

Mais le pire reste sa vie privée, assez naufrageuse.

L’allemand a une manière complètement dépassionné de parler des femmes, qui lui sont toujours tombée dans les bras trop facilement en raison de sa notoriété de champion.

Mariée à une mannequin noire américaine, Barbara Feltus, qui lui donna deux enfants, Becker parle de l’échec de son mariage de manière assez peu intéressante, préférant s’attarder sur le long et douloureux procès aux États Unis que failli lui intenter son ex femme et sur ses enfants métisses qu’il semble chérir plus que tout.

Le champion n’a visiblement pas grand chose à dire sur l’aspect ethnique de cette union entre un grand blond-roux au physique purement germanique et une afro américaine, puisqu’il dit aimer aussi bien les blondes que les brunes.

En réalité on ne comprend même pas ce qui n’a pas marché avec Barbara mais à vrai dire Boum-Boum apparaît plutôt comme un grand coureur de jupon, à tel point qu’il avoue avoir une fille illégitime née d’une rencontre d’un soir, fille qu’il a reconnu et essaie d’aider financièrement à distance du mieux qu’il peut.

L’aspect sportif qui m’intéressait au plus haut point n’est évoqué que de manière trop restreinte à mon goût.

On comprend que Becker aimait Londres et Wimbledon qu’il appelait son jardin et qu’il vibrait patriotiquement pour les matchs de Coupe Davis même si il vivait très mal l’incroyable pression que lui mettait les journalistes allemands attendant toujours de lui de gagner sans cesse et ne lui pardonnant aucun faux pas.

Peu d’anecdotes sur les matchs épiques que livra l’allemand dans sa carrière et sur ses collègues, si ce n’est John Mc Enroe qu’il semble porter en haute estime malgré leurs affrontements électriques.

Évoquant la fin de sa carrière, Becker tombe néanmoins le masque en parlant de sa dépendance aux somnifères, de sa fragilité physique et surtout de l’incroyable liste des blessures qu’a du subir son corps en 14 années de professionnalisme, la plus marquante étant le percement de ses ongles pour dégonfler les poches de sang sous ses pieds après les 6h38 de son match contre Mc Enroe en Coupe Davis.

Cette partie m’a le plus intéressé, et on saisit alors mieux les sacrifices qu’impose la vie d’athlète professionnel, la rigueur des entraînements, la souffrance, l’épuisement quasi permanent et le stress immense que cela représente ce qui fait qu’une infime proportion de la population est capable d’endurer pareil régime.

Alors on se dit finalement dit que ses millions Becker les a mérité par son talent et par son caractère de champion exceptionnel.

Je me souviendrais d’un athlète fantastique, à la fois puissant et souple, capable de plonger sur le ciment américain sans se briser les os, d’un champion orgueilleux voir arrogant qui fit au même titre que Steffi Graf passer le tennis comme un sport de premier plan en Allemagne, l’homme en revanche m’a je l’avoue laissé de marbre et n’a pas éveillé chez moi le même courant de sympathie qu’André Agassi.

     Aujourd’hui Becker dit vouloir se consacrer à sa famille et à sa société de marketing.

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