Sex and the medina (Leila B)

 



Sorti en 2010, « Sex and the medina » cache derrière son titre ultra racoleur l’expérience d’une hôtesse de l’air marocaine, Leila B, qui profitant de certains avantages de son métier, a pu entrer dans le cercle intime de femmes saoudiennes.

Issue d’un milieu misérables des bidonvilles de Casablanca, Leila qui a pu étudier le droit au Maroc avant de se résigner face au machisme de la société à devenir hôtesse pour sortir sa famille de la pauvreté, fait la connaissance sur un vol à Djeddah de Joumada.

Très vite, Leila est invitée dans les appartements privés de sa nouvelle amie et découvre le faste des médinas saoudiennes, sorte de prisons dorées dans lesquelles vives calfeutrées mais servies jour et nuit les riches saoudiennes.

En tant que Marocaine (relativement) émancipée, Leila est ainsi vue comme une attraction et ne tarde pas à devoir abreuver d’informations ses amies sur la prétendue liberté sexuelle de ses compatriotes.

Au fil des conversations on découvre donc l’obsession pour le sexe des femmes saoudiennes qui sont obligées de vivre muselées, frustrées et cachées de l’abaya, ce voile intégrale d’application obligatoire en Arabie Saoudite.

Parmi elles, l’expérimenté Joumada fait preuve d’une surprenante verve féministe qui finit par se transmettre à sa jeune nièce Iqbal, déçue par un amour clandestin et impossible avec un jeune homme.

Moins rebelle mais très délurée est Farah, qui collectionne les amants et couche même o suprême provocation avec des non musulmans.

Puis viennent d’autres personnages plus pathétiques comme Salma, qui se dit délaissée par son mari, en réalité homosexuel ou Soha qui incarne une adhésion encore vigoureuses aux coutumes en vigueur dans son pays, qui séparent nettement hommes et femmes, excluant en réalité ces dernières de la société.

Dans le monde de l’interdit et de la frustration, les femmes et les hommes déploient des trésors d’inventivité pour vivre des passions ou même de simples émotions comme croiser un regard ou regarder une cheville…

Leila se situe à une place idéale pour elles, soumise aux lois musulmanes mais suffisamment émancipée pour vivre sa vie de jeune femme en parallèle : travailler, voyager, avoir des amants…

Lorsque sa propre vie ne suffit plus, elle puise dans les anecdotes de celle de sa sœur Nora, réputée encore plus libérée pour faire fantasmer ses amies…

Mais la venue de Nora à l’occasion du pèlerinage à la Mecque déçoit beaucoup les Saoudiennes, car touchée par la foi religieuse, celle-ci opère un virage à 180° et retourne au Maroc pour se voiler et épouser un Imam.

Heureusement, son collègue steward, le beau Fouad finit par accepter, malgré les risques d’aller sur place pour être contemplé par ces femmes avides de l’interdit représenté par la présence de cet étranger.

Finalement, Leila se « range » en ayant connu l’amour avec un riche haut fonctionnaire marocain, abandonne son travail et fonde une famille, laissant ses amies devenir un souvenir de jeunesse…

En conclusion, « Sex and the medina » paraitra sans doute bien fade aux lecteurs de Virginie Despentes mais aurait pu tout aussi bien s’intituler « Tout ce que vous avez voulu savoir sur les musulmanes du Golfe sans oser le demander ».

Assez peu érotique, le livre repose essentiellement sur la violation de cet interdit, en principe mortel du plaisir de la femme et peu présenter un vague intérêt, sociologique sur le fait que les riches ont toujours des moyen de contourner les lois des régimes les plus répressifs du monde pour jouir pleinement des plaisirs matériels terrestres.

Dommage également que rien ou presque ne soit dit sur la ville de Djeddah en elle-même, qui ne sert que de toile de fond au récit.

A ne conseiller donc qu’aux lecteurs les plus curieux/voyeurs, fascinés par les mystères et la sensualité orientaux et désireux de braver les interdits moraux pour découvrir ce qui se cache dans la sphère privée de pétromonarchies du Golfe…

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