Apocalypse now (Françis Ford Coppola)

De manière assez folle, « Apocalypse now » de Françis Ford Coppola n’a jamais été chroniqué dans ces colonnes.
Ce film sorti en 1979, devenu légendaire aujourd’hui fait pourtant partie des musts du cinéma avec cette adaptation sous acide et haschisch de « Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad.
A Saigon en pleine guerre du Viêt-Nam, le capitaine Willard (Martin Sheen) se morfond dans sa chambre d’hôtel depuis une longue semaine, sous une chaleur accablante et avec un mauvais alcool.
Rêvant et fumant, il se blesse en boxant un miroir et est retrouvé dans un piteux état par les soldats chargés de lui confier sa mission.
Les haut gradés, le général Corman (G.D Spradlin) et le colonel Lucas (Harrison Ford non alors le superstar qu’il est aujourd’hui) lui expliquent alors qu’il doit aller au fin fond de la jungle du Cambodge pour assassiner Kurz (Marlon Brando), un colonel des bérets verts devenu fou et ayant crée une communauté qui le vénère comme un dieu.
Willard a été choisi pour son appartenance aux Forces spéciales et ses missions similaires conduites pour la CIA.
Willard embarque alors sur un aviso de la Marine pour remonter le fleuve jusqu’au Cambodge.
Son équipage est composé de matelots déjà abimés par les conséquences de la guerre : Jay Hicks (Frederic Forrest) le mécanicien, Lance Johnson (Sam Bottoms) un ex surfer célèbre de Californie, Tyrone Miller (Lawrence Fishburne) un Noir extraverti du Bronx et George Philips (Albert Hall) commandant du bateau.
Tout en remontant le fleuve, Willard étudie le dossier de Kurz et ne peut s’empêcher d’éprouver une admiration pour cet homme à la carrière militaire au départ parfaite, ayant brusquement bifurqué pour intégrer les bérets verts à 38 ans et renoncer ainsi à une haute carrière dans les Etats-Majors.
Accusé d’avoir assassiné des colonels de l’armée Sud du Viet-Nam, Kurz a en réalité « nettoyé » davantage d’ennemis, constituant une unité de guérilla indépendante n’obéissant à aucun ordre.
Le navire trouve son escorte aéroportée commandée par le lieutenant colonel Kilgore (Robert Duvall), un cow-boy qui décide de monter à l’assaut d’une position lourdement protégée par les Viêt-Cong pour voir Lance surfer sur les belles vagues du littoral.
L’assaut de hélicoptères sur fond de Wagner est un monument d’anthologie combinant sens du spectacle et violence extrême.
L’horreur de la guerre moderne y est représentée sans fard, et Kilgore pousse deux de ses soldats à surfer sous les balles avant qu’un bombardement au napalm ne clôt les festivités.
Profitant de la confusion, Willard fausse compagnie au colonel cinglé et demande à Philips de quitter au plus vite la zone ravagée par les combats.
Dans une autre scène mythique, Lance fait du ski nautique à l’arrière du navire sur fond de Rolling stones.
A mesure que le navire s’enfonce dans la jungle, la présence de l’armée américaine se fait plus ténue.
En chemin, l’équipage croise des Français qui les invitent sur leur plantation pour un diner aux considération politico-historiques particulièrement long et pénible.
Les matelots sont à cran, excités par les pinups qu’on leur débarque fraichement des Etats-Unis.
Lance et « Chef » goutent même à deux d’entre elles après que Willard ait négocié une passe contre du carburant au grand désarroi de Philips.
Mais la menace des Viêt-Cong se matérialise finalement, Tyrone meurt dans un combat puis Philips transpercé par une flèche.
Willard révèle alors aux survivants le but de sa mission et les trois hommes accostent ensuite jusqu’au temple érigé par Kurz.
Ils y sont accueillis par un journaliste-photographe (Dennis Hopper) devenu fou et complètement subjugué par le charisme de Kurz.
Willard est désarmé par les gardes et découvre une zone ou s’empilent les cadavres suppliciés des Viêt-Cong.
Il a enfin l’occasion d’approcher Kurz, un homme massif au crane rasé qui lui explique dans sa grotte qui lui explique sa curieuse philosophie mystico-guerrière après avoir vu l’horreur abjecte de la guerre.
Willard comprend la souffrance et la folie de Kurz mais est ensuite jeté dans une cellule après avoir découvert le meurtre de Chef resté au bateau et constaté que Lance a rejoint la communauté.
Profitant d’une grande fête ou a lieu un sacrifice rituel de bœuf, Willard s’infiltre de nuit dans la grotte de Kurz et le tue à l’arme blanche.
Curieusement après le meurtre, la communauté le laisse partir avec Lance, concluant le film….
En conclusion, « Apocalypse now » est bien plus qu’un film de guerre.
La guerre du Viêt-Nam sert en effet de toile de fond à l’histoire et Coppola choisit d’en montrer toute l’horreur, la violence et l’absurdité qui conduit inévitablement à la corruption des hommes.
La mentalité des Viêt-Cong, combattants rustiques prêts à tout endurer y compris la mort pour triompher y est présentée comme supérieure à celle des soldats américains habitués à leurs perms, aux filles et au rock ‘n’ roll.
Avec ses personnages hauts en couleurs complètement fous comme le colonel fou de surf, le film présente une galerie d’acteurs équivalent au top de la profession avec à leur sommet un Martin Sheen et un Marlon Brando dans les rôles de leur vie.
Mais plus qu’un film puissant et fascinant, « Apocalypse now » est une expérience sensorielle et mystique, sur fond de rock ‘n’ roll (The Doors, The Rolling stones) et de rêves enfumé de hasch.
Le film d’une génération ? Oui mais sans doute le film le plus représentatif de l’ambiance génialement créative des années 70.
Chef d’œuvre ? Oui !

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