Serra Pelada (Heitor Dhalia)

On ne présente plus le talent de Wagner Moura, excellent acteur brésilien qu’on retrouve ici dans « Serra pelada » de Heitor Dhalia.
Sorti en 2013, ce film raconte la ruée vers l’or des mines du Serra Pelada en Amazonie découvertes au début des années 80.
Cette découverte provoqua l’exode immédiat et brutal de milliers de Brésiliens, se reconvertissant en chercheurs d'or pour tenter leur chance en tant que garimpos.
Deux hommes de São Paulo, Juliano (Juliano Cazarré) et Joaquim (Juliano Andrade) se retrouvent sur le chemin et deviennent amis, se jurant de se porter assistance mutuelle dans leur quête de richesse.
Alors que Juliano le costaud fuit se créanciers, le plus tranquille professeur Joaquim, quitte Isabel (Eline Porto) sa femme enceinte pour tenter de se construire un meilleur avenir.
Les deux hommes découvrent un véritable Far west ou les mineurs se tuent à la tache en piochant et charriant des sacs de terre, encadrés par des concessionnaires eux-mêmes travaillant pour les capitalistos, les véritables propriétaires des mines.
Après un premier succès, les deux amis décident de gravir cette hiérarchie et d’employer des mineurs qui doivent leur verser une commission à chaque découverte.
Mais dans ce monde brutal, la violence ne tarde pas à émerger et Juliano est obligé de tuer Navalhada (Jesuita Barbosa) un travesti, qui voulait s’approprier leur mine et menaçait Joaquim au couteau.
Ayant franchi un cap, Juliano prend de l’assurance et achète un pistolet pour se protéger de Marcelo (Lyu Arisson) l’amant de Navlhada qui a juré de le venger.
Alors que le gouvernement intervient pour interdire les armes, l’alcool et les femmes sur le camp, Juliano emmène Joaquim dans les villes-bordels aux alentours dans lesquelles les mineurs claquent tout leur or dans un océan de débauche.
Là, Juliano s’enamoure de Tereza (Sophie Charlotte), la protégée du colonel Carvalho (Mattheus Nachtergaele) un des plus gros caïds de garimpos de ouro.
L’ambitieux Juliano refuse l’offre de Carvalho pour racheter sa mine, au grand damne de Joaquim qui comptait lui vendre pour quitter cet endroit malsain et rentrer chez lui auprès de sa femme.
Les deux amis se disputent mais Juliano a pris l’ascendant par la violence et tue un tueur envoyé par Carvalho.
Peu décidé à laisser Tereza se marier avec son rival, il le tue à la sortie du mariage et prend sa place comme colonel/trafiquant.
Devenu un caïd, Juliano s’approprie également Tereza et devient aussi brutal que son prédécesseur.
Il se sépare de Joaquim qu’il ne considère plus comme son associé et celui-ci redevient simple mineur à son compte.
La chance finit par lui sourire après une crise de malaria et il compte bel et bien repartir chez lui avec une coquette somme d’argent.
Malheureusement la violence le rattrape et son or est dérobé sur le chemin du retour.
Furieux, Joaquim accepte de travailler pour Lindo Rico (Wagner Moura), un habile rivale de Juliano.
Rico lui demande de lui indiquer ou dérober le livre de comptes de Juliano pour le livrer à l’un de ses hommes, un policier corrompu.
Il manœuvre également pour employer Marcelo et ses travestis comme hommes de mains et in fine tueurs de Juliano.
Joaquim collabore mais est rattrapé par Juliano qui brisé après le départ de Tereza, lui avoue n’être pour rien dans le vol de son argent.
Joaquim comprend alors que Rico l’a berné et les deux amis s’unissent une dernière fois pour tuer Marcelo et ses amis venus les abattre.
Juliano conduit Joaquim blessé à l’hôpital avant d’être pris par la police.
Revenu à São Paulo, pauvre mais en vie, Juliano retrouve Isabel et sa fille.
Il a ensuite la délicieuse surprise de recevoir un chèque de son ami, qui sorti de prison en corrompant les gardiens, retrouvent Rico pour se venger…
En conclusion, « Serra pelada » est un film très intense porté par des acteurs de très haut niveau autour de Wagner Moura, second rôle de luxe derrière le musculeux Juliano Cazarré et l’incroyablement sexy Sophie Charlotte.
L’histoire d’une ascension d’un modeste mineur en colonel trafiquant local de premier plan n’est certes pas original mais extrêmement bien décrite.
L’enfer de la vie des mines d’or géantes, similaires à la construction des pyramides égyptiennes en terme de main d’œuvre humaine mais également de mortalité, la violence causé par l’appât du gain et l’exploitation humaine sont également des axes forts du film.
Dhalia nous fait vivre la moiteur des folles nuits amazoniennes ou le sexe, l’alcool et la violence se mélangent…
En conséquence, je ne peux que conseiller ce chef d’œuvre méconnu !

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